La surpêche à l’origine des invasions de méduses ?

Le 20 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
A trop pêcher, on laisse le champ libre aux méduses.
A trop pêcher, on laisse le champ libre aux méduses.

La surpêche de petits poissons alimente la prolifération des méduses, a démontré une équipe de chercheurs ayant observé deux zones traversées par un même courant océanique, l'une au large de l'Afrique du Sud et l'autre dans les eaux de la Namibie.

Leur étude, publiée récemment dans le «7», compare l'évolution de deux écosystèmes situés à 1.000 kilomètres l'un de l'autre, l'un soumis à une gestion régulée de la pêche (Afrique du Sud) et l'autre pas (Namibie). «En Namibie, les quelque 10 millions de tonnes de sardines dans les années 1960 ont laissé place à 12 Mt de méduses», notent les chercheurs. «Il y a eu une très mauvaise gestion des stocks de sardines et d'anchois, surexploités et qui ont quasiment disparu», explique Philippe Cury, l'un des co-auteurs de l'étude.

«On estime que la biomasse des méduses y est désormais 2,5 fois égale à celle cumulée des poissons: c'est gigantesque et le problème, c'est qu'on ne sait pas comment ce sera réversible», alerte le chercheur de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) basé à Sète, en France. «En Afrique du Sud, il y a eu une gestion très précautionneuse de la pêche de poisson fourrage (sardines, anchois, harengs, etc.) avec année après année une adaptation de l'effort de pêche en fonction des quantités disponibles, et on n'y observe pas cette irruption de méduses», poursuit le biologiste.

«Cette étude montre l'impact de l'homme sur la prolifération des méduses car jusqu'à maintenant les travaux se concentraient essentiellement sur les fluctuations de l'environnement, c'est-à-dire d'ordre climatique», explique le scientifique. Le déclin de certains prédateurs et le chalutage des grands fonds sont d'autres pistes étudiées par la communauté scientifique. «Là, on montre que si on retire une composante de l'écosystème, on a un basculement et un écosystème qui devient dominé par les méduses, note-t-il. D'où la nécessité de préserver une certaine abondance de poisson fourrage.»

Dans les zones où les petits poissons se font plus rares, il n'y a plus de compétition pour le plancton et les méduses ont la voie libre pour se développer. A cet effet de niche écologique favorable s'ajoute également le fait que «les méduses inhibent les larves de petits poissons: s'ils sont abondants, ils arrivent à assurer leur survie mais sinon, les méduses prennent le dessus», détaille le directeur du centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus