La surexploitation des eaux souterraines met l’agriculture américaine en danger

Le 04 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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Aqueducs dans la vallée centrale de Californie
Aqueducs dans la vallée centrale de Californie

60% de l’irrigation des champs américains dépend des nappes phréatiques. La surexploitation des eaux souterraines pourrait donc affecter très rapidement la production agricole si l’augmentation des épisodes de sécheresse, pronostiquée par les climatologues américains, se confirme.

Ils prévoient, en effet, des sécheresses persistantes au cours de la seconde moitié du XXIe siècle, une diminution de 20 à 65% de la recharge des nappes par les eaux de surface, et la diminution de moitié de la recharge des nappes par les cours d’eau, ainsi qu’une augmentation des prélèvements pour l’irrigation et la croissance des villes.

Une étude américaine publiée le 29 mai dernier dans les annales de l’Académie des Sciences américaine utilise les données satellitaires du programme Grace (Gravity recovery and climate experiment) pour comprendre, à l’échelle du bassin hydrographique, la manière dont les aquifères se rechargent. Ces données satellitaires plus précises que les modélisations précédentes sont fortement corrélées aux relevés effectués sur le terrain. Les scientifiques américains et français ont choisi, comme cas d’école, les nappes des Grandes Plaines et celles de la vallée de la Californie, qui comptent pour la moitié des réservoirs en déficit du pays.

Les résultats montrent que 35% du sud des Grandes Plaines seront incapables d’assurer l’irrigation des terres agricoles d’ici 30 ans. Dans le centre et le sud des Grandes Plaines, le pompage est en effet réalisé dans des nappes fossiles, constituées au cours des 13.000 dernières années et donc lentes à se recharger.

Dans la vallée de la Californie, l’eau est gérée depuis le début du XXe siècle avec une diversion des nappes superficielles du nord vers le sud depuis les années 1950. Ce système donne une capacité de recharge à ses aquifères 7 fois plus importante que le cycle hydrique naturel.

L’étude conclut que l’amélioration des capacités de stockage pourra aider à résoudre temporairement les problèmes d’approvisionnement. Augmenter les prélèvements d’eau de surface et diminuer ceux des nappes souterraines est une solution complémentaire. L’injection de l’excès d’eau de surface dans les aquifères faciliterait également la recharge de ces nappes. La construction de grands canaux aériens pour le transfert d’eau de surface vers les régions en déficit hydrique est considérée, par les auteurs de l’étude, comme une solution de plus en plus difficile à mettre en place pour des raisons de coût et d’impact environnemental. Enfin, l'amélioration de l’efficacité des systèmes d’irrigation leur semble essentielle.

 

 



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