La Suisse (re)sort du nucléaire

Le 09 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
C’est un vote historique dans la Confédération! Deux semaines après que le gouvernement a recommandé l’abandon, en 2034, du nucléaire, le Conseil national suisse (l’équivalent de notre Assemblée nationale) a voté mercredi 8 juin, à une large majorité, l’abandon de l’actuel système de production d’électricité [JDLE].
 
Sans fixer de date limite, la chambre basse de l’assemblée fédérale (le congrès) a interdit aux électriciens helvétiques de construire de nouveaux réacteurs. Ce qui revient à ne plus utiliser l’atome dans la production de l’énergie nationale.
 
Du moins à long terme. «Remplacer 39% de production nucléaire est un chemin long et exigeant. Aujourd’hui, avec seulement 1% de production d’origine renouvelable, nous sommes un pays en développement», a rappelé Doris Leuthard, chef du département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication.
 
Pour sortir de cet état de sous-développement, les députés ont voté le lancement d’un important programme d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique. Un plan qui pourrait prévoir l’interdiction du chauffage électrique dans un délai de 10 ans.
 
Les réactions à cette volte-face énergétique sont mitigées. Dans un long communiqué, Economiesuisse «regrette que la majorité du Conseil national n’ait pas attendu de disposer de bases de décisions fondées pour prendre une décision aussi importante».
 
Soulignant les divergences entre les prospectives du gouvernement et celles du parlement, le patronat craint que la sécurité de l’approvisionnement électrique passe par une augmentation du nombre de centrales au gaz. Ce qui alourdirait le montant de la facture, estimé pour le moment à 2,5 milliards de francs (2,04 milliards d’euros).
 
Les écologistes soulignent le caractère historique du vote. Ils s’irritent toutefois que les députés aient, dans la foulée, adopté des mesures qui empêcheront les ONG de déposer des recours juridiques contre les projets de nouvelles centrales ou de nouvelles lignes de transport d’électricité. Une autre motion adoptée prévoit aussi la simplification des procédures d’autorisation de construction de nouvelles centrales.
 
«La sortie du nucléaire est utilisée à tort comme excuse pour nuire à la protection de l’environnement et saboter la volonté populaire», peste Hans-Peter Fricker, président du WWF suisse.
 
Radicale, la décision de la chambre basse n’a pas encore force de loi. Elle doit aussi être votée, le 16 juin probablement, par le Conseil des Etats (sénat).
 
Les textes de loi qui sortiront de ces débats pourront ensuite être directement adoptés ou soumis à référendum.

  



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus