La Suède se donne en exemple

Le 20 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Anna-Karin Hatt: on peut réduire ses émissions et rester compétitif.
Anna-Karin Hatt: on peut réduire ses émissions et rester compétitif.
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Les politiques nordiques sont des gens normaux. Quand ils veulent rencontrer des journalistes, ils leur proposent une discussion à bâtons rompus dans un… bar. On est loin des conférences de presse françaises au nombre de questions prédéterminé.

De passage à Paris, Anna-Karin Hatt, ministre suédoise de l’énergie et des technologies de l’information, a reçu le JDLE, mardi 18 novembre, en toute simplicité.

Quelques heures avant de s’enfermer dans le bunker de l’Agence internationale de l’énergie pour une conférence ministérielle, cette centriste a défendu avec conviction la politique Energie-Climat du royaume scandinave.

Alors que le gouvernement français enfouissait profondément l’écotaxe poids lourds sous les strates géologiques de la réforme fiscale, Anna-Karin Hatt défendait la taxation du carbone.

«En 1970, rappelle-t-elle, la Suède était l’un des pays de l’OCDE les plus dépendant au pétrole et au charbon. En 40 ans, nous sommes passés d’un système carbo-dépendant à une situation où 32% de notre énergie finale est produites par les énergies fossiles, la moitié par les énergies renouvelables. Parallèlement, la part du nucléaire dans le mix électrique a reculé, passant de 50% à 38%, entre 2006 et 2012.»

L’élément déclencheur de cette mutation a été l’instauration, en 1991, d’une taxe sur les émissions de carbone. «D’un montant de 118 euros par tonne de CO2, elle est désormais la plus chère au monde», souligne-t-elle. Assez déséquilibrée (les ménages paient 20 fois plus cher que l’industrie) la fiscalité du carbone n’a pas été la seule arme de Stockholm.

La Suède a massivement encouragé le développement des énergies renouvelables, notamment grâce aux certificats verts. Un mécanisme économique dont le développement a été rendu possible par l’intégration des marchés scandinaves de l’électricité.

Cette dynamique a été relancée par le paquet Energie-Climat européen. L’accord de 2008 impose à la Suède que 49% de son énergie finale soient d’origine renouvelable en 2020. Un objectif déjà atteint. Il faudra, en revanche, que le royaume progresse pour la part de ses carburants verts.

Cela ne chagrine pas la ministre pour autant: «Depuis 1990, nous avons réduit nos émissions de 20%, alors que notre PIB a progressé de 60%. C’est bien la preuve que nous pouvons combiner développement durable et croissance». La suite n’est pas moins prometteuse. La Suède vise carrément la neutralité carbone d’ici 2050. Il n’est pas certain qu’elle suscite pareil enthousiasme chez les autres pays membres de l’Union européenne.

 



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