La Suède propose de relancer les investissements « climato-compatibles »

Le 27 octobre 2010 par Sabine Casalonga
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Donner un prix élevé au carbone pour susciter le financement des énergies décarbonées.
Donner un prix élevé au carbone pour susciter le financement des énergies décarbonées.

Une nouvelle approche des négociations sur le climat, plus pragmatique et resserrée autour de l’UE, visant à favoriser le développement des technologies vertes, a été présentée par le think tank suédois « Global Utmaning » ce 27 octobre à l’ambassade de Suède à Paris. L’idée ? Créer une « Communauté d’investissement pour le climat », acquise à l’idée d’instaurer un prix-plancher pour le carbone et des taxes carbone.

 

«  Notre approche est complémentaire de celle de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (UNFCCC en anglais), mais elle se veut plus flexible et plus ambitieuse », a résumé Allan Larsson, ancien ministre des finances de laSuède , et co-auteur de cette nouvelle initiative, baptisée «  Communauté internationale d’investissement pour le climat ». Elle veut offrir une voie pour sortir de l’impasse actuelle des négociations climatiques, alors que l’issue de la conférence de Cancun fin novembre-début décembre, ne s’annonce guère favorable.

 

Sa seconde ambition ? «  Après l’échec de Copenhague, le monde des affaires est resté dans la confusion. Notre proposition a pour objectif de lui donner un signal pour les investissements à long terme, un point essentiel pour induire un changement énergétique », a ajouté Allan Larsson. Enfin, « il s’agit de positionner l’UE dans la course aux technologies vertes (« green race »), alors que l’Asie, notamment la Chine , est déterminée à la remporter », souligne Mans Lönnroth, ancien secrétaire d’Etat au ministère de l’environnement de la Suède , et second co-auteur de la proposition.

 

De nombreux rapports internationaux (Banque mondiale, AIE, UE) mettent en avant la nécessité d’une transformation forte du secteur énergétique, à la fois pour lutter contre le changement climatique, réduire la dépendance aux énergies fossiles, sécuriser les approvisionnements énergétiques et créer une économie faible en carbone. Mais cette « révolution énergétique » a un prix. Entre les subventions et le prix du carbone, les experts suédois affichent leur préférence pour la seconde option, via la mise en place d’un marché du carbone et des taxes carbone nationales. Ils proposent la mise en place d’un prix du CO 2 « technologie-neutre » ( technology-neutral CO 2 price), c'est-à-dire suffisamment élevé pour rendre compétitives les « technologies propres ». Un prix-plancher de 40 euros la tonne de carbone, au plus tard en 2020, est préconisé, pour rendre viables les technologies de capture et stockage géologique du gaz carbonique et la production d’énergies renouvelables. Dans l’UE, le prix actuel du quota d’émission de CO 2 (15 € la tonne) n’est pas jugé suffisamment incitatif. «  A différence de l’ETS ciblé sur les baisses d’émission, ce prix servirait à tirer le développement des nouvelles technologies », explique Mans Lönnroth.

 

Le message n’est pas nouveau et cette initiative en rejoint d’autres, comme celle du gouvernement britannique d’introduire un prix-plancher pour le CO 2 ou celle du think tank américain Brookings Institution sur le prix du carbone ( price collar). «  Il s’agit d’un concept ouvert aux améliorations et au débat plutôt qu’une proposition arrêtée », expliquent les politiciens suédois. Le projet sera présenté, après Cancun, dans différentes capitales (Paris, Berlin, Londres, Stockholm, Washington, Pékin).

 

Sur le modèle de la construction de l’Union européenne, laCommunauté d’investissement pour le climat se construirait par étapes, en s’appuyant sur un noyau de pays fondateurs, menés par l’UE, et incluant peut-être le Japon et laCorée du Sud. Une Communauté nord-américaine (Etats-Unis et Canada) pourrait exister parallèlement avec l’objectif d’une convergence à terme. L’intégration du secteur électrique chinois est jugé souhaitable mais devrait être difficile. «  En réalité, les pays émergents et en développement lancent déjà des initiatives domestiques. La création d’une taxe carbone est actuellement en débat en Chine », relève Richard Baron, directeur de l’unité Changement climatique à l’AIE.

 

Quels avantages aurait un pays à rejoindre cette communauté ? La réponse à cette judicieuse question posée par l’ambassadeur suédois à Paris n’est pas encore très claire. «  Il pourrait s’agir de la levée de barrières commerciales, voire la création d’une zone de libre-échange à terme, comme l’a proposé la Commission européenne », explique Laurence Tubiana directrice de l’Iddri. La question des impacts de l’ETS sur la compétitivité des entreprises et du risque associé de « fuites carbone » reste néanmoins ouverte.

 

Tout en jugeant l’idée intéressante dans le contexte post-Copenhague où les pays ont marqué leur préférence pour des mesures préservant leur souveraineté, Laurence Tubiana estime qu’un traité international est également nécessaire «  car ce serait un signal économique fort » ainsi qu’une politique énergétique forte pour les secteurs hors ETS (bâtiments, transports) et en faveur de l’efficacité énergétique.

 

 



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