La substance chimique NMP pourrait être reclassée

Le 16 novembre 2004 par Christine Sévillano
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La N-méthylpyrrolidone a fait l'objet d'une étude approfondie de l'INRS. Les chercheurs arrivent à la conclusion que la classification européenne est désuète. Ils doivent bientôt défendre leur position face aux pays membres de l'UE pour un durcissement de la classification de cette substance utilisée par de nombreuses industries.

L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) est sur le point de présenter une recommandation pour reclasser la substance N-méthylpyrrolidone (NMP) de manière plus sévère. Son étiquetage actuel précise qu'elle est irritante pour les yeux et pour la peau. La proposition de classification peut-être demandée par le ministère de la Santé ou par des industriels, mais dans le cas de la NMP, l'INRS s'est lui-même saisi du dossier sur cette substance présente dans le secteur de la pétrochimie, des formules de colorants, des préparations insecticides ou herbicides, des peintures aqueuses, des produits de nettoyages de graffitis ou de vernis. Elle figure sur la liste des substances chimiques produites ou importées à plus de 1.000 tonnes par an par au moins un pays membre de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Après avoir consulté plusieurs études réalisées sur la toxicité de la NMP, l'INRS propose une évolution de la classification. Ainsi la NMP ne serait plus seulement identifiée comme irritante pour les yeux et la peau, mais également pour les voies respiratoires (Xi, R36/37/38). Elle serait aussi intégrée en catégorie deux de la liste des produits toxique pour la reproduction (T, R 61), elle présente en effet des risques pendant la grossesse et pourrait être responsable d'effets néfastes sur l'enfant. "Cette catégorisation entraîne une interdiction de l'utilisation de la substance dans les produits grand public et une réglementation très stricte pour les usages industriels, en particulier pour protéger leurs employés qui la manipulent. La plupart du temps dès qu'une substance passe en catégorie deux, les industriels essaient de la remplacer", explique Annie Laudet-Hesbert du département risques chimiques et biologiques de l'INRS. En cas d'impossibilité de substitution, les entreprises sont tenues de mettre en place les équipements nécessaires pour limiter l'exposition de leurs salariés.

Avant de défendre la nouvelle classification devant les pays membres de l'Union européenne (UE), l'INRS doit encore déterminer le taux de concentration minimal obligeant les entreprises à préciser la présence de la NMP sur l'étiquette des produits qui en contiennent. "La NMP est le plus souvent utilisée dans des préparations et en-dessous d'un certain pourcentage, son degré de dangerosité n'est plus pertinent", explique Annie Laudet-Hesbert. Si l'évolution de la classification est adoptée par les membres de l'UE, elle sera intégrée à la 31ème Adaptation au progrès technique (APT) de la directive 67/548/CEE sur le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives relatives à la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses. Les travaux de l'INRS sur les substances se concentrent désormais davantage sur les phtalates.




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