La stratégie européenne sur l'air fait polémique

Le 16 juin 2005 par Claire Avignon
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Le représentant des patrons à l'échelle de l'Union européenne, l'Unice, a demandé à la Commission européenne de revenir sur sa prochaine stratégie sur la pollution de l'air, la jugeant trop coûteuse. Le Bureau européen de l'environnement (BEE) s'est aussitôt opposé aux arguments de l'Unice.

«Clean air for Europe» (Cafe), la prochaine stratégie thématique sur la pollution de l'air de l'Union européenne, aurait dû être présentée au premier semestre 2005. Prévue désormais pour la seconde partie de l'année, cette stratégie fait encore débat et les lobbies tentent toujours de la modifier. Ainsi, l'Union des industries de la Communauté européenne (Unice), dont fait partie le Mouvement des entreprises de France (Medef), a envoyé le 7 juin une lettre adressée à José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. Le secrétaire général de l'Unice, Philippe de Buck, fait part «des profondes inquiétudes des industries européennes concernant les niveaux ambitieux proposés par la Direction générale de l'environnement.»

Selon l'Unice, le coût lié à l'actuelle réglementation sur la protection de l'air atteint 66 milliards d'euros par an dans l'Union européenne et permettra d'améliorer d'ici 2020 la qualité de l'air de plus de 60% par rapport au «maximum théorique». Le but serait d'arriver à 80% du potentiel théorique, pour un coût supplémentaire de 16 milliards d'euros par an. «Avec des objectifs si ambitieux, les coûts de mise en oeuvre augmentent nettement et sont disproportionnés par rapport aux progrès réalisables qui s'avèrent extrêmement petits.» Au contraire, le Bureau européen de l'environnement (BEE), une fédération d'associations environnementales, estime que la Commission a «systématiquement surestimé les coûts et sous-estimé les bénéfices sur la réduction de la pollution de l'air», liés notamment à une hausse de l'espérance de vie et la diminution des dommages environnementaux. Selon le BEE, les gains pourraient atteindre entre 31 et 140 milliards d'euros par an.

Un autre point de discorde provient de la faisabilité des mesures. Selon l'Unice, le secteur de l'agriculture par exemple n'a pas les moyens financiers de réduire d'un tiers ses émissions d'ammoniac, mesure évaluée à 4 milliards d'euros par an. Le chiffre est contesté par le BEE qui l'estime deux fois plus faible. Le BEE a donc écrit à son tour à José Manuel Barroso, répondant point par point aux «inquiétudes» de l'Unice. Le lobby écologiste en a profité pour demander de renforcer la valeur limite d'exposition proposée pour les particules fines d'un diamètre inférieur à 2,5 microns (PM-2,5). La norme actuelle proposée par la Commission leur apparaît «trop faible».




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