La sortie du marché du carbone coûtera cher à l’Ontario

Le 17 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Doug Ford va faire perdre beaucoup d'argent à ses administrés.
Doug Ford va faire perdre beaucoup d'argent à ses administrés.
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Selon le Bureau de la responsabilité financière (BRF), le coût de la taxation du carbone devrait doublier d’ici 2022 pour les Ontariens. La faute à la sortie du marché du CO2 nord-américain, décidée cet été par le nouveau Premier ministre.


L’abrogation du marché du carbone régional devait permettre aux Ontariens de faire des économies sur leur plein d’essence, rappelait en juillet dernier le nouveau Premier ministre Doug Ford. Cela devrait être tout le contraire.

Dans un rapport publié le 16 octobre, le BRF de l’Ontario évalue les conséquences de la sortie de la province canadienne du système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre nord-américain (la WCI) engagée dès son élection, cet été, par le Premier ministre Ford.

3 milliards de manque à gagner

La WCI «générait des revenus pour la province par la vente aux enchères de quotas, qui accordaient aux participants le droit d’émettre des GES. La province utilisait ensuite ces revenus pour financer des initiatives raisonnablement susceptibles de réduire les émissions de GES», rappelle la Cour des comptes ontarienne.

Si le processus législatif en cours se poursuit, «tous les quotas et les crédits existants du programme seront retirés et annulés» et «tous les programmes financés par les revenus de la vente aux enchères des quotas d’émissions».

Pour la province, le manque à gagner devrait s’élever à 3 milliards de dollars canadiens (2 Md€) d’ici à 2022, estime le BRF. Pas terrible, mais économiquement supportable pour la région la plus riche du Canada.

inflation des prix annoncée

Politiquement, en revanche, la décision de Doug Ford pourrait s’avérer désastreuse. La loi fédérale prévoit en effet qu’une province qui ne tarifierait pas les émissions de GES d’ici à 2019 (par une taxe ou un système d’échange de quotas) devra obligatoirement adhérer à un système fédéral de taxation du carbone réputé plus coûteux.

Selon les calculs du BFR, le coût pour les ménages de ce «filet de sécurité fédéral» pourrait être de 388 $CA (259 €) par ménage dès 2020 (+33% par rapport à la WCI), de 518 $CA (346 €) en 2021 (+77%) et de 648 $CA (432 €) en 2022 (+100%).



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