La SNCF invite les usagers à faire des efforts

Le 06 mai 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Pendant le déconfinement, fini les gares bondées. Les usagers seront filtrés à l'entrée.
Pendant le déconfinement, fini les gares bondées. Les usagers seront filtrés à l'entrée.

Le transporteur a dévoilé, mercredi 6 mai, son plan de déconfinement. Si le port du masque et la distanciation sociale seront de rigueur dans les gares et les trains, l’entreprise en appelle aussi à la bonne volonté de chacun.

 

A partir du 11 mai, la SNCF entame son déconfinement. Pari risqué que la société nationale va tenter de relever gra^ce à une stratégie, dont les maîtres mots sont  distanciation, anticipation et civisme. Conditions indispensables à la réussite de ce que le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, a qualifie de «défi collectif», dans un entretien accordé au Parisien ce mercredi.

Filtrage en gare

Oubliez les horaires d’avant confinement. A la fin de la semaine, seront publiés, sur l’application SNCF, les horaires «de tous les trains qui circuleront pendant les trois prochaines semaines». Sur les trains longue distance (TGV, intercités), les réservations seront bloquées dès 50 % de taux d’occupation des trains. Côté trafic, de 50 à 60% des trains du quotidien circuleront, avec des taux d’occupation de 25% à 50%. Objectif: éviter un afflux de voyageurs dans les wagons.

De son côté, le Premier ministre Edouard Philippe a demandé à ce que tous les usagers soient munis d’un billet avec réservation dans les TGV et les Intercités. Concernant les TER et transiliens, la SNCF fera du cas par cas en concertation avec les régions. En Normandie par exemple, il faudra être muni d’un billet avec réservation pour accéder aux TER longues distances.

Dans le rouge. Agents supplémentaires à mobiliser pour nettoyer le matériel roulant, pertes de recettes de billetterie… Il y a fort à parier que la SNCF creuse encore un peu plus son déficit. Son PDG, Jean-Pierre Farandou, a expliqué samedi 2 mai sur France Inter que la pandémie de Covid-19 avait déjà coûté 2 milliards d'euros à l'entreprise. «Je crains toutefois que notre bilan, notre endettement soit trop important (...). La notion d'un plan d'aide à la SNCF ne me parait pas déraisonnable». Et d’ajouter: «si la reprise est lente […] il ne sera pas anormal et illogique d'ajuster le niveau d'emploi au volume d'activité.»

Prévoir ses trajets

La SNCF s’en remet aussi à la prévenance des usagers. Et ce, afin qu’ils «préparent au mieux, en amont, leur voyage». Leur incombe de consulter le taux de remplissage de leur train la veille de leur départ. «Cette information permettra aux voyageurs, principalement dans les trains du quotidien, de prendre un train plus tôt ou plus tard en fonction de l'affluence attendue». Un «PC voyageurs» suivra l’affluence des lignes en temps réel, «grâce aux caméras de surveillance et à des logiciels qui mesurent les flux; mais aussi, notamment en Ile-de-France, grâce à des agents vigies».

Après avoir soigneusement sélectionner leur trajet, les usagers devront s’armer de patience. Un filtrage sera effectué dès l’entrée en gare. Et ce, afin d’éviter les attroupements et contrôler le port du masque qui sera obligatoire. «Le gouvernement l'a confirmé. La question est maintenant de savoir avec les pouvoirs publics combien il y aura de policiers et sur quelles gares pour faire respecter le port du masque», précise Christophe Fanichet au Parisien. En plus du masque, la SNCF invite chacun à se munir de son gel hydroalcoolique. Néanmoins, des centaines de distributeurs de gel hydroalcoolique seront installés dans 165 gares de France et de Navarre. Le matériel roulant lui, sera désinfecté une fois par jour.

Une attestation employeur

La SNCF demande aussi un coup de main aux entreprises. Celles-ci sont invitées à prolonger la saison du télétravail et à étaler les heures d’arrivée et de départ au bureau. Message reçu en Ile-de-France. Organisations patronales et syndicales, État et acteurs des transports en commun ont trouvé un accord allant dans ce sens. Ce mercredi 6 mai, lors de son audition devant la Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a salué l’initiative. «Dans cette charte, il y a aussi le maintien d’une attestation employeur. Elle renseignerait l’heure d’arrivée du salarié dans l’entreprise. Et donc à quelle heure il peut prendre les transports en commun». Reste à savoir si l’usage de ce nouveau papillon est bien légal.