La SNCF arrête la moitié de ses trains de nuit

Le 16 septembre 2016 par Marine Jobert
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Le train de nuit voué à disparaître?
Le train de nuit voué à disparaître?
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Se réveiller au bord de la mer au départ de Paris, ce sera fini dans 15 jours. La SNCF ferme 4, et bientôt 6, de ses 8 lignes de trains de nuit. Des élus protestent. Des citoyens argumentent. Mais le dossier semble déjà clos.

Manque de maintenance des voies, voyages proposés tardivement à la réservation, disparitions d’arrêts, correspondances aux frontières absurdes, suppressions inopinées de trains… Ce ne sont pas des actes de sabotage –quoique- mais une analyse de la politique de la SNCF à l’égard des trains de nuit, développée sur le site ‘Oui au train la nuit’.

Deux lignes maintenues

Car le sujet est brûlant: conformément aux préconisations du rapport Duron, la moitié des 8 lignes ferroviaires qui circulent de nuit vont disparaître purement et simplement le 1er octobre prochain. Adieu les réveils en Savoie au départ de Paris. Ciao les levers de soleil à Nice ou à Portbou (Espagne) en provenance du Luxembourg et de Strasbourg. Et il faudra vite profiter des lignes Paris-Irun (Espagne) et Paris-Nice avant qu’elles ne disparaissent à leur tour, en juillet et octobre 2017. Ne seront maintenues que les dessertes vers Briançon (Hautes-Alpes), Rodez (Aveyron) et Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales).

Etat responsable

Parent pauvre d’une entreprise siphonnée par le tout-TGV, le train de nuit coûte indéniablement cher à la branche Intercités (25% de son déficit), qui perd chaque année environ 340 millions d’euros. Pourtant, le train de nuit «a de l’avenir», veulent croire 16 maires à travers toute la France, qui viennent d’écrire à Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux transports. «Le confort des cabines est devenu de plus en plus spartiate de façon à détourner peu à peu sa clientèle traditionnelle. La baisse de rentabilité de ces lignes est donc aussi de la responsabilité de l’Etat», accusent-ils. Plus économique, le train de nuit est aussi plus écologique que tous les autres modes de transport, «en cohérence avec notre volonté de réduire les gaz à effet de serre», font-ils valoir.

Financer des wagons, pas le chômage

Le train de nuit serait même bon pour l’emploi local: les élus reprochent à l’Etat de faire des économies à la petite semaine en supprimant ces trains, au lieu de nourrir «le marché intérieur d’entreprises nationales comme Alstom. (…) Plutôt que d'investir dans le ferroviaire pour consolider l'emploi, l'Etat se voit contraint de financer le chômage.»

Même sort que le tramway hier

Moderniser plutôt qu’accélérer. Relier au lieu d’édifier. Ralentir pour mieux desservir. Les tenants du train de nuit convoquent l’aménagement du territoire pour justifier son maintien et rappellent qu’il y a 50 ans, c’était le tramway qui devait disparaître. «Avec les mêmes causes: l'engouement pour d'autres modes de transport, souvent plus onéreux et plus destructeurs environnementalement, pas réellement plus efficaces... mais générant plus d'activité économique, et se présentant avec une image attrayante de ‘progrès technologique’, marqueur de ‘modernité’.» En juillet dernier, le Commissariat général au développement durable (CGDD) dépeignait à horizon 2050 un monde avec davantage de camions sur les routes, une voiture individuelle reine, l’aérien au zénith et un TGV au firmament. Sans train filant dans la nuit…

 

 

 



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