«La situation de l’eau a changé plus vite que prévu»

Le 03 mars 2006 par Claire Avignon
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Quelques semaines avant le forum de Mexico sur l’eau, qui se déroule du 16 au 22 mars, Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau depuis environ un an, est revenu sur les enjeux de l’eau à l’échelle mondiale.

Loïc Fauchon affiche clairement son ambition: «Je crois que la manière dont nous organisons ce troisième forum, qui privilégie l'écoute réciproque et le rassemblement, doit permettre la naissance de la communauté de l'eau.» Un pari ambitieux mais loin d'être irréaliste, puisque 9.000 personnes sont déjà inscrites, dont 800 journalistes. L'organisation de forums alternatifs autour de l'événement officiel montre également le succès de la manifestation. Toutefois, se faire le porte-parole des acteurs de l'eau n'est pas chose aisée. Car les points de discordance entre les pays développés ou non, entre personnes politiques, acteurs privés, ONG, et consommateurs, restent toujours importants.

Et les difficultés s'aggravent, reconnaît le président du Conseil mondial de l'eau. «Depuis le dernier forum qui a eu lieu à Kyoto, la situation de l'eau a changé beaucoup plus vite qu'on n'aurait pu le prévoir. C'est dû à l'évolution démographique, la croissance dans les méga cités (plus de 2 millions d'habitants) a été encore plus importante que prévue, générant des perturbations dans la planification des installations d'eau. Les problèmes de pollution se sont aggravés. Et l'évolution climatique fait que les surcroîts d'eau et les sécheresses sont de plus en plus fréquents, pas toujours là où l'on s'y attendait.» Au final, la stratégie sur l'accès aux ressources en eau qui avait été mise en place au moment du sommet de Johannesburg en 2002 (1) ne répond plus vraiment à la situation telle qu'elle apparaît en 2006.

Concernant l'accès à l'eau, le forum de l'eau va analyser deux types de situation: celle des pays développés, dans lesquels la majorité de la population a un accès à l'eau potable, mais où l'accès pour les plus démunis n'est pas assuré. «Le problème est plutôt politique, car l'aspect technique est déjà résolu»¸ affirme Loïc Fauchon qui se félicite que des mesures soient prévues dans la prochaine loi sur l'eau en France. Quant à l'accès à l'eau potable pour les pays les plus pauvres, le problème apparaît encore loin d'être résolu. Plusieurs facteurs sont en cause, dont l'absence de transfert de compétences pour la maintenance des infrastructures. «Des dizaines de milliers d'installations ferment au bout de quelques mois ou quelques années car rien n'a été prévu pour leur maintenance, explique Loïc Fauchon. Pour que cela cesse, les bailleurs de fonds doivent réserver une part de la dotation à la maintenance et non plus aux seuls investissements.»

Autre sujet qui fâche le président du Conseil: le financement, un problème largement débattu lors du dernier forum, à Kyoto. «Il faut arrêter avec les prêts et faire des dons, estime-t-il. Les pays pauvres ont déjà assez de dettes. Peut-être que dans 30 à 40 ans, l'eau paiera elle-même le système, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas.»



(1) Le sommet mondial du développement durable de Johannesburg, organisé par les Nations unies en 2003, a été l'occasion pour les institutions nationales et internationales de se fixer des objectifs précis en matière d'accès à l'eau potable et d'assainissement.




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