La séquestration géologique du carbone provoque bien des séismes

Le 05 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pas de séisme observé, en revanche, à Sleipner, en mer du nord.
Pas de séisme observé, en revanche, à Sleipner, en mer du nord.
Statoil

Mauvaise nouvelle pour les promoteurs de la séquestration géologique du CO2. On sait depuis quelque temps que les injections sous pression de fluides dans le sous-sol peuvent déclencher, directement ou indirectement, des mouvements de terrains, voire des séismes de faible intensité.

La démonstration en a récemment été faite avec l’injection de fluides utilisés pour fracturer les roches-mères contenant du gaz ou du pétrole, ou dynamiser la production d’hydrocarbures de puits en fin de vie (EOR).

Des chercheurs ont voulu savoir si le stockage de dioxyde de carbone dans le sous-sol comportait le même type de risque. Le captage-stockage géologique (CSC) étant l’une des voies privilégiées par les industriels américains pour réduire leur empreinte carbone.

Deux chercheurs de l’université d’Austin (Texas) ont bardé trois champs pétroliers texans, où l’EOR est pratiquée depuis de nombreuses années, d’une batterie de sismographes très sensibles. Entre 2009 et 2011, Wei Gan et Cliff Frohlich y ont ainsi détecté une centaine de séismes, dont la plupart d’était d’une magnitude inférieure à 3, indiquent-ils dans un article publié dans les comptes rendus de l’académie américaine des sciences (Pnas). Dans le champ de Cogdell, en revanche, un tremblement de terre d’une magnitude de 4,4 a été observé.

Comme deux autres physiciens de l’université Stanford l’avaient déjà fait dans un article publié en 2012 dans les Pnas, les chercheurs texans attribuent les mouvements de terrain à l’injection de dioxyde de carbone. Ils notent toutefois que les trois champs étudiés réagissent spécifiquement. Ce qui ne surprend pas les spécialistes du CSC.

Interrogée par le JDLE, Isabelle Czernichowski-Lauriol, présidente du réseau européen CO2GeoNet, rappelle que «chaque site de stockage est particulier car il dépend de la géologie locale. Des études de caractérisation et de modélisation spécifiques doivent donc y être menées avant de le choisir comme site de stockage. Et des méthodes de monitoring comme le monitoring microsismique doivent y être employées, en effectuant des enregistrements en continu avant, pendant et après l’injection, afin de comprendre les phénomènes se produisant dans le sous-sol et être prêt à prendre des actions correctrices (par exemple abaisser la pression d’injection) en cas de comportement imprévu.»



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