La séquestration du carbone: victime de la politique énergétique britannique

Le 25 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Drax consomme déjà des volumes considérables de bois pour réduire ses émissions.
Drax consomme déjà des volumes considérables de bois pour réduire ses émissions.
Alstom

Le captage et stockage géologique du carbone (CSC) n’en finit plus de rater son décollage. Jeudi 24 septembre, Drax Power a confirmé au Financial Times son intention d’abandonner son projet de White Rose, suite aux dernières évolutions de la politique énergétique du gouvernement Cameron.

Exploitant la plus grande centrale à charbon d’Europe occidentale, Drax Power entendait construire, avec Alstom et Boc, une installation de 426 mégawatts électriques, équipée d’un système de captage de CO2. Chaque année, 2 millions de tonnes de gaz carbonique devaient être captées et envoyées, à l’état supercritique, dans un ancien aquifère salin situé dans le sous-sol de la mer du Nord.

Centrale à oxy-combustion

Expérimentale, cette centrale à oxy-combustion a besoin de sérieux coups de pouce publics pour réunir le milliard de livres (1,358 Md€) nécessaires à sa construction. Avec son programme NER 300, l’Europe avait déjà promis 300 M€, en juillet 2014. De son côté, le gouvernement britannique avait jugé ce projet éligible à son programme d’aide aux énergies décarbonées.

Hélas, le contexte politique a changé outre-Manche. Ces dernières semaines, l’administration Cameron a décidé que les centrales à «bas carbone» ne seraient plus exemptées de la taxe sur les émissions de gaz à effet de serre. Dans la foulée, Londres entend réduire considérablement les soutiens à la production d’électricité par énergies renouvelables. Or la biomasse est l’une des deux solutions (avec le CSC) choisies par Drax pour réduire ses rejets carbonés.

Quid du pipeline?

Jugeant le nouveau contexte politique trop incertain, Drax Power jette l’éponge et abandonne le consortium chargé de la construction de la centrale à CSC. Alstom et Boc, les deux autres actionnaires, espèrent trouver un nouveau partenaire. La décision de l’électricien compromet aussi la réalisation, par National Grid, du carboduc, un pipeline de 155 kilomètres de long, qui devait collecter le CO2 de plusieurs sites industriels situés à proximité du Humber.

Considéré comme l’une des technologies-phares de la décarbonisation de l’industrie lourde et de la production d’électricité, le captage-stockage de carbone peine à séduire. Faute d’une taxation incitative du carbone, ces coûts restent très élevés, notamment dans une Europe durablement touchée par la crise. A ce jour, seule une centrale électrique dispose d’un système complet de CSC: Boundary Dam, au Canada.

 



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