La séquestration du carbone: bonne pour le climat et pour l’emploi?

Le 10 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La centrale canadienne de Boundary Dam sera la première du monde à être équipée d'un système de CSC de taille industrielle.
La centrale canadienne de Boundary Dam sera la première du monde à être équipée d'un système de CSC de taille industrielle.
Saskpower

C’est un attelage un peu particulier qui se fait l’écho d’un nouvel argumentaire sur le captage-stockage géologique du carbone (CSC). Ce lundi 10 février, la CCSA (le lobby du CSC) publie, en partenariat avec les syndicats britanniques (TUC, le Trade Union Congress) une étude sur l’économie du CSC.

Depuis les travaux du Giec[1] et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), on savait que cette technologie en développement a un sérieux potentiel climatique. Entre 15 et 20% des émissions de CO2 de l’industrie lourde pourraient ne plus être rejetées dans l’atmosphère vers le milieu du siècle, estiment ces promoteurs. Une thèse soutenue par le CCSA et le TUC. Mais pas seulement.

10 et 20 gigawatts

Au Royaume-Uni, industriels, scientifiques et syndicalistes estiment qu’il est possible de mettre en batterie de nombreuses centrales électriques au charbon équipées d’un système de captage de CO2, lequel serait ensuite injecté dans des formations géologiques étanches. Au total, entre 10 et 20 gigawatts de capacités, dotées d’une CSC, pourraient être mises à feu d’ici 2030, affirment les auteurs de l’étude. Un chiffrage conforme à des scénarios énergétiques gouvernementaux.

La construction de ces installations créerait de 15 à 30.000 emplois, sans compter le maintien en poste des 6.000 gueules noires britanniques. Côté retombées économiques, le bilan est honorable, sans plus. Le montant de la facture du déploiement de cette technologie est estimé entre 15 et 35 milliards de livres (18 à 42 milliards d’euros). Un marché peu prometteur pour les entreprises locales qui ne pourraient espérer que 2 à 4 milliards de chiffres d’affaires annuels. Jusque-là, rien à dire.

Plus étonnant, le rapport promet une baisse du prix de l’électricité, décarbonée par les amines ou l’oxycombustion. Un peu curieusement, les auteurs estiment, en effet, que la seule alternative aux centrales au charbon CSC ne pourrait être que des champs d’éoliennes marines et des centrales à géothermie profonde. De quoi faire grimper de 82 £ (99 €) le montant moyen de la facture d’électricité, affirme l’étude.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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