La Seine-Saint-Denis interdit l’usage de pesticides

Le 19 septembre 2019 par Romain Loury
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Les pesticides interdits dans tout espace vert
Les pesticides interdits dans tout espace vert

Ce département francilien devient ainsi le premier en France à interdire l’utilisation de pesticides sur son territoire, selon un arrêté signé mercredi 18 septembre par le président du conseil départemental, Stéphane Troussel. Une nouvelle annonce de poids, alors que la polémique fait rage sur les pesticides.

Depuis l’arrêté pris en mai par le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) afin d’interdire l’épandage à moins de 150 mètres des habitations, une cinquantaine de communes lui ont emboîté le pas. Cinq grandes villes (Paris, Lille, Nantes, Grenoble, Clermont-Ferrand) les ont rejointes, interdisant tout usage de pesticides sur leur sol.

Du côté des départements, le Val-de-Marne a annoncé mardi 10 septembre interdire l’usage de glyphosate sur son territoire. Nouvelle première en France, un autre département francilien, la Seine-Saint-Denis, a décidé d’interdire l’usage de tout pesticide, au-delà du seul glyphosate -hormis ceux homologués bio, ceux de faible risque et ceux de biocontrôle.

«Renforcer le mouvement»

 «Notre idée, c’est de renforcer le mouvement, d’appuyer la démarche de ceux qui ont déjà fait ce recours», explique un porte-parole du conseil départemental, contacté jeudi par le JDLE. Plusieurs communes du département ont déjà pris des arrêtés similaires, dont Stains, Tremblay-en-France, Les Lilas, Villemomble, Bobigny, Montfermeil, Epinay-sur-Seine et Montreuil.

Comme partout en France, les collectivités publiques ont interdiction, depuis janvier 2017 (‘loi Labbé’), d’utiliser des pesticides dans les parcs et espaces verts –«la Seine-Saint-Denis l’interdisait déjà depuis 10 ans», rappelle le conseil départemental. Depuis janvier dernier, la vente de ces produits est par ailleurs interdite aux particuliers.

Outre les usages agricoles, plusieurs usages non agricoles demeurent toutefois autorisés, notamment via la possibilité pour les propriétaires de jardins de recourir à des entreprises de jardinage, non tenues par une quelconque interdiction. C’est à l’ensemble de ces usages résiduels que s’adresse l’arrêté signé mercredi.

Entreprises, copropriétés, voies ferrées…

Le texte prévoit l’interdiction des pesticides dans l’entretien des jardins, espaces verts et espaces extérieurs des entreprises, des copropriétés, des bailleurs privés et des bailleurs sociaux privés, et «de façon générale (…) de tout propriétaire ou locataire public et privé». Est aussi concerné l’entretien des voies ferrées et de leurs abords, ainsi que les abords des routes nationales traversant le département.

Sont également concernés les usages agricoles, confirme par ailleurs le conseil départemental au JDLE. Certes, la Seine-Saint-Denis, département essentiellement urbain, présente une activité agricole en peau de chagrin: selon un recensement de 2010, la Seine-Saint-Denis ne comptait plus que 29 exploitants agricoles cette année-là, contre 59 en 2000 et 122 en 1988. La surface cultivée est quant à elle passée de 1.309 à 887 hectares entre 1988 et 2010, selon des données du ministère de l’agriculture publiées en 2012.

Reste à savoir si la préfecture de Seine-Saint-Denis contestera l’arrêté en justice, comme d’autres préfectures l’ont fait avec succès, pour l’arrêté de Langouët (suspendu fin août) et pour ceux de Boussières et Audincourt (Doubs), dont les arrêtés ont été suspendus lundi 16 septembre. Contactée jeudi par le JDLE, la préfecture n’était pas en mesure de répondre.



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