La Sécurité sociale anglaise s’inquiète des conséquences du changement climatique sur la santé

Le 18 septembre 2012 par Alexia Tilly
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La recrudescence des inondations inquiète les Britanniques
La recrudescence des inondations inquiète les Britanniques

L’organisme a été alerté par les épisodes de canicule et d’inondation. Il s’interroge aujourd’hui sur les allergies, les tiques et autres rotavirus.

Plus de chaleur, moins de coups de froid: on aurait pu croire que le changement climatique aurait un impact positif sur la santé des européens, surtout sous le climat pluvieux du Royaume-Uni. Que nenni! La Sécurité sociale anglaise (Health Protection Agency [HPA]), vient de publier une somme inédite sur le sujet (Health Effects of Climate Change in the UK 2012), brossant un sombre tableau de la menace climatique pour la santé des britanniques.

L’étude est partie d’une constatation implacable: la vague de chaleur de 2003, tout comme les inondations de 2009, ont été meurtrières au Royaume-Uni. Or l’occurrence de tels évènements extrêmes est liée au changement climatique. Quels autres évènements peuvent-ils être liés à la hausse des températures, et serait-il possible de les anticiper, se sont interrogés les auteurs de l’étude Climate change and health.

Les conséquences sont contre toute attente assez nombreuses, et déjà importantes.

La mortalité liée aux vagues de chaleur comparables à celle de 2003 devrait ainsi accélérer sévèrement, alors que la mortalité liée aux vagues de froid n’évoluera pas drastiquement. Selon la HPA, les décès dus à la chaleur devrait bondir de 70% en 2020, puis 260% en 2050 et 540% en 2080!

Si l’étude ne donne pas de projections sur la France, on peut imaginer des chiffres encore plus sévères: en 2003, la vague de chaleur avait fait 15.000 morts en France, soit 8 fois plus qu’outre-Manche...

Les effets secondaires du réchauffement climatique sont multiples. La chaleur a tendance à favoriser la concentration de gaz polluants dans l’atmosphère, au détriment des poumons de la population. L’asthme et les allergies risquent aussi d’être décuplés, puisque la floraison des fleurs productrices de pollens allergisants est susceptible de se prolonger.

La recrudescence probable des inondations est un autre facteur d’inquiétude pour la Sécurité sociale britannique. En plus des vrais risques sur la vie des occupants de logements inondables, qui concernent le plus souvent les populations moins aisées, la HPA s’inquiète de l’impact des intempéries sur la santé mentale des victimes.

La plus surprenante des études académiques composant ce rapport renvoie sans doute aux maladies transmises par des insectes. Les tiques, tout d’abord. Le Royaume-Uni compte pas moins de 20 espèces de tiques différentes, qui sont toutes susceptibles de transmettre à l’homme des maladies présentes sur des animaux. Or le changement climatique a tendance à allonger la durée de vie de ces insectes, et d’étendre leur territoire. Elles portent notamment la maladie de Lyme, dont les conséquences peuvent être dangereuses et très coûteuses en terme de santé publique. Pareil pour les moustiques, dont la population croît avec le réchauffement climatique. Le Royaume-Uni compte ainsi 34 espèces de moustiques différentes, dont une dizaine a été importée de climats tropicaux, et a pu s’adapter grâce au réchauffement climatique.

L’étude aborde des sujets moins convaincants, comme l’impact du changement climatique sur la prolifération de virus comme le rotavirus responsable d’affections intestinales, et de bactéries susceptibles de provoquer des épidémies au Royaume-Uni. Vu le niveau moyen des températures et la sûreté de la distribution d’eau potable, le Britannique moyen n’est pas prêt de mourir du typhus. De même, le chapitre sur les particules polluantes présentes à l’intérieur des habitations semble un peu perdu dans la question du changement climatique.

En revanche, la HPA donne ici l’occasion de rappeler des mesures de bon sens, en soulignant que la lutte contre le changement climatique est souvent excellente pour la santé des habitants. A commencer par la réduction du recours au charbon pour fabriquer de l’électricité, qui soulage les poumons des riverains de particules polluantes. Le recours à l’exercice physique plutôt qu’à la voiture est aussi conseillé pour la durabilité du système cardiaque. Enfin le fait d’éviter de consommer des animaux ou des produits animaux diminue les émissions de méthane et de CO2, tout en évitant bon nombre de maladies cardio-vasculaires. Des évidences que l’on rappelle rarement dans le milieu médical français.

http://www.hpa.org.uk/webw/HPAweb&HPAwebStandard/HPAweb_C/1317135968769



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