La sécurité et la santé au travail menacées par la crise

Le 14 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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«Il est inacceptable que la croissance économique et le développement puissent amener la résignation concernant la sécurité et la santé au travail, nous ne devons pas baisser la garde», a insisté, dimanche 11 septembre à l’ouverture du 19e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail, Assane Diop, directeur de la protection sociale à l'Organisation internationale du travail (OIT).

Cette année, l’objectif du plus vaste rassemblement mondial d'experts de la santé et de la sécurité au travail (3.000 responsables politiques, experts et dirigeants professionnels et syndicaux venus d'une centaine de pays), est de renforcer l'engagement mondial en faveur d'une culture de la santé et de la sécurité au travail (SST) dans un climat de crise économique et sociale.

Chaque jour dans le monde, plus de 6.300 décès sont liés au travail et, chaque année, 317 millions de travailleurs sont blessés sur leur lieu de travail, soit une moyenne de 850.000 lésions par jour, entraînant des arrêts de travail d'au moins 4 jours. Dans son rapport présenté lundi 12 septembre, l'OIT pointe l'augmentation des décès liés aux accidents et aux maladies professionnelles entre 2003 et 2008. Si le nombre d'accidents mortels a baissé, ce sont les maladies mortelles qui ont augmenté, passant de 1,95 à 2,02 millions de décès en 5 ans. «Durant mon discours d'une dizaine de minutes, près de cinquante travailleurs auront péri au travail», s'est ému Faruk Celik, ministre turc du travail et de la protection sociale.

Le document constate aussi que «la récession économique mondiale a eu un impact considérable sur la santé et la sécurité des travailleurs et sur leurs conditions de travail. S'il est trop tôt pour dire quels seront ses effets à long terme sur la fréquence des accidents et des maladies, les faits montrent que certains des progrès récents en termes de promotion de la SST sont anéantis parce que les entreprises luttent pour préserver leur productivité».

Avec la crise économique, «les calendriers de maintenance des usines risquent d'être allégés, augmentant les risques d'accident en raison d'une maintenance médiocre et d'un manque d'investissement dans de nouveaux équipements. Cela peut aussi vouloir dire que les travailleurs doivent continuer de travailler avec des installations, des équipements et des outils plus vétustes et dangereux», précise le rapport.

Le document de l’OIT relève également que les facteurs psychologiques, comme le stress, le harcèlement et la violence au travail, ont un impact terrible sur la santé des travailleurs, ajoutant que «ces facteurs sont susceptibles d'être plus significatifs parce que l'emploi devient plus précaire pour certains et que les charges et les horaires de travail augmentent souvent pour ceux qui conservent leur emploi».

Mais les chiffres cités dans le rapport ne représentent que la partie visible de l’iceberg. Dans son message à l’occasion de la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail, le directeur général du Bureau international du travail, Juan Somavia, écrivait: «Certains événements particulièrement dramatiques, comme l’accident nucléaire de Fukushima, ou l’accident qui est survenu l’an dernier sur le site minier de Pike River en Nouvelle-Zélande, sont fortement médiatisés. Il n’empêche que la plupart des lésions, maladies et décès d’origine professionnelle passent inaperçus».

Cette conférence étant organisée tous les trois ans, le prochain rassemblement mondial est prévu pour 2014.

 


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