La sécurité au travail en question en GB

Le 19 octobre 2004 par Claire Avignon
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Malgré des statistiques satisfaisantes, la Chambre des communes de la Grande-Bretagne rapporte de nombreuses inégalités. Les immigrés et les travailleurs en contrat de courte durée sont les plus touchés par les accidents de travail. De plus, le rapport estime que les objectifs ambitieux de 2010 ne seront pas atteints à cause d'un manque de moyens.

Le nombre de décès au travail a augmenté de 4% en Grande-Bretagne l'année dernière. Le Health and safety executive (HSE), c'est-à-dire l'inspection du travail britannique, a dénombré 227 morts en 2002/2003 et 235 en 2003/2004. L'augmentation peut en partie s'expliquer par l'accident en février dernier de Morecambe bay, sur la côte Nord Ouest de l'Angleterre, qui a fait 21 victimes, des ramasseurs de coquillages chinois surpris par la marée montante. Mais ces mauvais chiffres tombent au mauvais moment. Ils font suite au rapport de la Chambre des communes qui a épinglé fin juillet le gouvernement de Tony Blair pour sa politique de santé et sécurité au travail.

En 2000, le ministère du Travail avait mis en place, avec le HSE, une stratégie d'amélioration des conditions de travail avec des objectifs chiffrés pour 2010. Il s'agissait de diminuer de 5% le nombre de décès et d'accidents majeurs et de 15% le nombre de jours de congés-maladies. Quatre ans plus tard, le rapport sur l'activité du HSE montre que les moyens humains et financiers dont dispose l'organisme ne correspondent pas aux ambitions affichées. Le comité chargé de l'écriture du rapport estime que le nombre d'inspecteurs du travail devrait être multiplié par deux. La Grande-Bretagne ne compte qu'un inspecteur pour 20.000 travailleurs contre un pour 11.000 en moyenne dans l'Union européenne et un pour 14.000 en France. Le rapport s'en prend en outre à la politique du gouvernement qui privilégie la dérégulation au détriment de la santé des travailleurs. Ainsi, 80% des victimes d'accident du travail sont en contrat de courte durée. Parallèlement, le HSE entreprend des efforts de prévention vis-à-vis des travailleurs immigrés. Son site internet informe ainsi en hindi, en bengali, en chinois etc.

Mais les statistiques montrent que les travailleurs immigrés restent les moins bien protégés. Leurs contrats dans le bâtiment ne dépassent généralement pas 10 jours, période insuffisante pour suivre une formation en santé et sécurité. Pour encourager la politique de prévention, le rapport demande au Gouvernement de légiférer contre les dirigeants d'entreprise responsables de la mort de travailleurs. Alors même que le ministère du Travail a décidé d'abandonner son projet de sanctions pénales dans ce domaine. Malgré ses difficultés, le HSE obtient de très bons résultats. La Grande-Bretagne possède le deuxième taux le plus bas d'accidents mortels de l'Union européenne. En 2001, elle avait un taux de 1,4 mort pour 100.000 travailleurs, juste derrière la Suède qui en comptait 1,1. La France, en revanche, faisait partie des mauvais élèves avec un taux de 3,2 pour une moyenne européenne de 2,7. Suite au rapport, la ministre du Travail, Jane Kennedy a annoncé vouloir donner de plus amples pouvoirs au HSE. Cependant, elle n'a encore révélé aucune mesure précise.


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