La sécheresse pointe à nouveau le bout de son nez

Le 28 mars 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les signaux sont inquiétants dans plusieurs pays européens
Les signaux sont inquiétants dans plusieurs pays européens

Le printemps 2011 fut historiquement sec. En 2012, le même scénario semble se répéter puisque la France commence à souffrir de sécheresse.

En cause, le déficit de pluies hivernales et des températures actuelles supérieures à la normale. Résultat: les sols affichent un taux d'humidité comparable à une fin d’avril, voire, dans le sud du pays, à un mois de mai habituel. Les signaux sont aussi inquiétants dans plusieurs pays autres européens, notamment en Espagne, au Portugal et au Royaume-Uni (voir JDLE).

Selon Météo France, le déficit de pluie constaté depuis septembre, début de la période de «recharge» des nappes souterraines, se prolonge en mars, après un mois de février déjà «extrêmement sec». Depuis le début du mois, il est tombé environ moitié moins d'eau (30 millimètres sur les 25 premiers jours en moyenne) que lors d'un mois de mars normal (69 mm), indique Michèle Blanchard, ingénieure climatologue à Météo France. Seule la région Nord-Pas-de-Calais a reçu plus d'eau qu'habituellement ce mois-ci, le reste du pays enregistrant des retards, en particulier dans le Sud-Est en dépit de quelques pluies localisées.

Ce nouveau mois sec intervient alors que, au 1er mars, la France accusait déjà un déficit pluviométrique global de 20% entre septembre et fin février, avec un retard plus important encore dans le Sud-Ouest.

Les premiers signes de sécheresse ne s'expliquent pas seulement par le manque d'eau, mais aussi par des températures assez nettement au-dessus des normales, favorisant l'évaporation, explique-t-on chez Météo France. Depuis la fin de semaine dernière, le thermomètre affiche ainsi régulièrement 5°C de plus que les normales (13,5°C en moyenne contre 8,8°C habituellement) pour la température moyenne et même 8°C de plus pour les températures maximales.

Marqueur le plus pertinent pour la sécheresse, l'indice d'humidité des sols reste ainsi très bas: «Pour Midi-Pyrénées et le Languedoc, on a des sols avec une humidité comparable à celle d'un mois de mai et ailleurs en France comparable à une fin avril», constate Michèle Blanchard.

Un épisode qui débute encore plus tôt que l'année dernière, qui avait été marquée par le printemps le plus chaud depuis 1900 et le plus sec des 50 dernières années. Pour autant, il est encore «trop tôt» pour dire si le phénomène sera aussi important cette année.

Reste que les signaux sont aussi alarmants du côté des nappes d'eau souterraines dont 80% affichent un niveau «inférieur à la normale», selon le dernier relevé du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) (voir JDLE). Les préfectures de l'Essonne, de la Seine-et-Marne et du Gard ont déjà publié des arrêtés restreignant certains usages de l'eau, selon Propluvia, le site du ministère spécialisé dans le suivi des arrêtés de restriction d’eau.

Aujourd’hui 28 mars, la fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) annonce réactiver sa cellule Sécheresse qui accompagne les agriculteurs de plus en plus inquiets par le manque de pluie. «On ne peut pas encore parler de sécheresse, mais la situation nous préoccupe et c'est la raison pour laquelle nous réactivons la cellule Sécheresse», déclare son président, Xavier Beulin. La situation est d'autant plus difficile pour les agriculteurs que le manque d'eau fait suite à un «gel important dans plusieurs régions de France» en février et mars, rappelle-t-il.

Les dégâts «font craindre le pire», ajoute Xavier Beulin. Selon lui, quelque 800.000 hectares pourraient être ainsi re-semés pour remplacer les cultures qui ont gelé. Un re-semis coûte 150 euros l'hectare, précise-t-il.

En ce qui concerne le manque d'eau, il rappelle qu'il réclame depuis plusieurs mois un plan pour le stockage de l'eau tombée pendant l'hiver. Xavier Beulin souhaite que les assurances et notamment climatiques soient «repensées», car selon lui, elles «ne répondent pas à nos besoins».

L'an dernier, en raison d'un printemps historiquement sec, la FNSEA avait mis en place une cellule Sécheresse. Un million de tonnes de paille avaient été transportées dans toute la France pour venir en aide aux éleveurs. La mobilisation avait permis de ne pas faire monter les prix du fourrage.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus