La sécheresse californienne, effet du réchauffement

Le 30 septembre 2014 par Romain Loury
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La Californie en sécheresse exceptionnelle à 60%
La Californie en sécheresse exceptionnelle à 60%
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La sécheresse extrême qui affecte la Californie depuis 2013 est très probablement le fait du réchauffement climatique, estime la Société américaine de météorologie (AMS) dans son dernier rapport sur les évènements climatiques extrêmes. Ce genre de phénomène devrait se faire plus fréquent.

En 2013, la Californie n’a jamais aussi reçu aussi peu d’eau en une année, depuis les premiers relevés météorologiques en 1895. Et la situation ne s’apaise pas, loin de là: selon le dernier bulletin de l’US Drought Monitor, daté du 23 septembre, 58,41% de l’Etat est en état de sécheresse exceptionnelle, 23,51% en sécheresse extrême, les 18,18% restants étant au stade «modéré à sévère».

Selon le rapport annuel de l’AMS sur les évènements climatiques extrêmes, en l’occurrence ceux survenus en 2013, la faute en incombe au Ridiculously Resilient Ridge («Triple R »). Phénomène atmosphérique de haute pression survenant au nord-est du Pacifique, donc au large de la Californie, il fait barrage aux orages qui viendraient normalement arroser les Etats du Pacifique (Californie, Oregon, Etat de Washington). Les précipitations se trouvent dès lors déroutées vers l’Alaska et l’océan Arctique, les chercheurs comparant le processus à un rocher au milieu d’un ruisseau.

Or le «Triple R» a au moins 3 fois plus de chances de se former à notre époque qu’à l’ère préindustrielle du fait du réchauffement climatique, selon une modélisation menée par les chercheurs. «La Californie a plus de risques de connaître de tels épisodes dans un futur proche», affirme Noah Diffenbaugh, auteur de l’étude publiée par l’AMS et chercheur en sciences de l’environnement à l’université californienne de Stanford.

Rien qu’en 2014, la sécheresse a coûté 2,2 milliards de dollars à la Californie, dont 1,5 milliard pour l’agriculture. Selon l’University California à Davis, 17.000 emplois saisonniers auraient été perdus dans les exploitations, soit 3,8% de ces emplois.

Quant aux inondations qui ont frappé Montpellier lundi 29 septembre, elles seraient dues à la rencontre entre l’air remontant d’une Méditerranée encore chaude et l’air froid venant du nord. Si les orages violents sont fréquents en septembre dans le sud de la France, ils sont amplifiés par de basses pressions et un vent du sud-est. En 24h, Montpellier, repassée en alerte orange mardi matin, a reçu 301 mm de pluie, du jamais vu.

Des accidents climatiques de plus en plus fréquents

Au-delà de la sécheresse californienne, le rapport de l’AMS aborde 14 autres évènements climatiques exceptionnels survenus en 2013: pluies intenses dans le Colorado et en Europe centrale; grandes chaleurs en Australie, Chine orientale, Corée du Sud, Japon et Europe de l’ouest; sécheresses en Australie et Nouvelle-Zélande; chutes abondantes de neige dans les Pyrénées espagnoles et dans le Dakota.

Selon les experts, seules les grandes vagues de chaleur peuvent être attribuées de manière quasi-certaine au changement climatique. Pour les autres (sécheresses, pluies, neige, etc.), la situation est moins tranchée, car il est difficile de distinguer l’impact des pollutions humaines des variations météorologiques aléatoires.

Pour l’AMS, «l’échec à découvrir l’origine humaine de plusieurs épisodes climatiques ne prouve pas qu’elle ne joue aucun rôle. Il s’agit plutôt du fait qu’une éventuelle origine humaine n’a pas pu être distinguée d’une variabilité naturelle: elle peut donc exister, mais nos analyses ne l’ont pas décelée». Indice évocateur, le nombre d’évènements exceptionnels analysés par l’AMS a encore augmenté: de 6 en 2011, il est passé à 12 en 2012 et à 15 en 2013.



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