La sécheresse alimente le débat sur l’irrigation

Le 04 août 2006 par Laure Pollez
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irrigation
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La France, championne du monde du développement de l'irrigation? Derrière la provocation émerge une question de plus en plus importante à mesure que la sécheresse devient récurrente.


L'été est sec, sec en eau comme en nouvelles fraîches. Du coup, l'UFC-Que Choisir ressort un vieux rapport de l'OCDE publié il y a plus d'un an pour faire quelques vagues: selon les données environnementales 2004 de l'organisation (1), entre 1980 et 2001, la France a vu ses superficies irriguées augmenter de 89,7%, contre 29,9% pour la moyenne mondiale et 28,5% pour la moyenne de l'Union européenne à 15.

Ainsi, selon les calculs de la fédération de consommateurs, «la France détient le record mondial de progression de l'irrigation depuis le début des années 1980». En guise de comparaison, l'UFC-Que choisir cite les Etats-Unis (+9,3% sur la même période), l'Australie (+59%), le Japon (-14%), l'Espagne (+20,6%) ou encore la Turquie (+67%).

En guise de riposte, le ministère chargé de l'agriculture a précisé, dans un communiqué, que seulement 1,9 des 2,6 millions d'hectares recensés sont réellement irrigués «en raison notamment des rotations de culture». Le communiqué ajoute des chiffres OCDE non encore publiés, selon lesquels seuls 9% de la surface agricole utile (SAU) française sont irrigués, contre 29% au Pays-Bas, 17% au Danemark, 18% en Italie, 17% en Grèce et au Portugal ou 15% en Espagne. Le ministère souligne aussi que, depuis deux ans, les agriculteurs ont moins recours à l'irrigation, en diminuant notamment les cultures de maïs.



Cette tendance devrait d'ailleurs se poursuivre, estime-t-on au ministère, avec le découplage, à partir de cette année, des aides agricoles, qui rend moins évidents les lourds investissements dans de tels équipements.

«Il y a eu des dérives, reconnaît de son côté la Confédération paysanne. Il faut retrouver le lien entre le sol, le climat et la plante. L'irrigation doit être utilisée comme sécurité, mais pas comme facteur de production sans cohérence avec les données naturelles». Parmi les contre-exemples: la frénésie de maïs ou le melon dont les racines, négligées au fil des sélections de variétés, ont perdu les deux-tiers de leur longueur en vingt ans.

Au ministère chargé de l'environnement, on reconnaît l'effort fait sur le maïs et l'on veut favoriser une approche locale: «De tels chiffres nationaux ne veulent pas dire grand chose, puisque l'eau ne se transporte pas, il faut raisonner par bassin versant.» La question est donc posée, mais «c'est un travail de longue haleine». Au début de l'année 2205, pour la première fois, la ministre en charge de l'environnement, Nelly Olin, avait adressé une lettre sur ce thème aux agriculteurs, lettre commune avec Dominique Bussereau, son homologue à l'agriculture.




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