La Savoie peine à ouvrir ses centres de stockage

Le 29 octobre 2004 par Loïc Chauveau
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le département Rhône-alpin ne possède pas de centre de stockage de déchets ménagers. Le Conseil Général s'est saisi du dossier. L’annonce du premier site pressenti a provoqué une forte opposition locale.

Le 22 octobre 2004, 200 personnes selon les gendarmes, 500 selon les organisateurs, ont manifesté au péage du lac d'Aiguebelette sur l'autoroute A43 pour dénoncer le projet d'implantation d'un centre de stockage de déchets ménagers et de déchets industriels banals (DIB). Le site pressenti est une carrière de granulats en cours d'exploitation sur la commune de Marcieux (120 habitants). 

La population s'est mobilisée en apprennant par la presse que le Conseil général de Savoie avait décidé en délibération publique de se porter acquéreur de ce terrain situé non loin des rives du lac: «depuis trente ans, nous agissons pour que cette région garde son caractère agricole et touristique, gronde Bernard Veuillet, président de la communauté de communes du lac d'Aiguebelette (9 communes, 3.800 habitants). Ce cadre de vie est d'autant plus important pour les habitants que nous sommes devenus petit à petit des villages-dortoirs. Les gens ici travaillent à Chambéry ou à Lyon».

Cette opposition vient compliquer une situation déjà très embrouillée. La Savoie peine à gérer ses déchets. Le département a toujours privilégié l'incinération du fait de sa configuration géographique. Les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise offrent peu de place pour des centres de stockage d'autant que ces axes sont les portes d'entrée des grandes stations de sport d'hiver. La plaine de Chambéry présente une géologie peu favorable. Avant le premier plan départemental de gestion des déchets, la Savoie comptait cinq usines d'incinération et aucun centre de stockage. Actuellement, la Savoie exporte hors de son territoire 50.000 tonnes de déchets ménagers sur les 150.000 qu'elle produit annuellement. Sans l ouverture de nouveaux receptacles, ce sera bientôt le double.

A situation pas simple, solution exceptionnelle. Le Conseil général est devenu maître d'ouvrage: «c'est une démarche effectuée en complète collaboration avec les communes et les syndicats de collecte, assure Jean-Pierre Vial, président du Conseil Général et Sénateur. Nous avons mis en place une véritable solidarité de territoire. Les déchets seront gérés au plus près des trois pôles qui composent le département, la Maurienne, la Tarentaise et la région de Chambéry». Ainsi, une nouvelle usine sera construite à Albertville et celle de Chambéry sera remise aux normes.

Il reste à définir les emplacements des autres centres de traitement. La manifestation d'Aiguebelette donne la mesure des difficultés qui attendent les élus locaux et départementaux. Jean-Pierre Vial espère convaincre les Savoyards en leur présentant des projets de grande qualité: «tous nos choix techniques seront validés par un comité scientifique et technique et tous les sites seront certifiés Iso 14.001». Le département peut déjà se targuer de bons résultats de collecte sélective. 98% de la population trient, le territoire compte 47 déchèteries, et en 2003 les tonnages mis en décharge ont baissé pour la première fois de 5.000 tonnes. De bons chiffres qui n'empêcheront pas les riverains du lac d'Aiguebelette de manifester de nouveau le 6 novembre prochain devant la Préfecture de Savoie.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus