La santé en première ligne face au réchauffement

Le 25 juin 2018 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le moustique tigre, bien implanté
Le moustique tigre, bien implanté
DR

Face au changement climatique, la Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions où les retombées sanitaires pourraient être particulièrement nombreuses, selon le rapport «Anticiper les changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine» publié par le comité scientifique AcclimaTerra. Ce qui pourrait lui conférer, si l’on voit le verre à moitié plein, un rôle de laboratoire de nouveaux comportements.

En matière d’impacts sanitaires du réchauffement, la hausse de température, avec son cortège de canicules estivales, n’est qu’un risque parmi d’autres, certes le plus manifeste. D’autres effets sont à attendre, qu’ils soient directs (inondations, tempêtes, etc.) ou indirects, comme une mauvaise qualité de l’air, l’extension de la répartition d’insectes vecteurs de maladies ou de plantes invasives allergisantes.

Canicules et tempêtes

Or la Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions de France parmi les plus concernées par ces effets sanitaires. Plusieurs exemples récents offrent ainsi un aperçu de ce que pourraient être les prochaines décennies, qu’il s’agisse de la canicule de 2003 ou de la tempête Xynthia, qui a sévi en Charente-Maritime (ainsi qu’en Vendée) en février 2010.

Outre les 59 morts qu’elle a causés sur la façade atlantique, Xynthia a eu des conséquences sanitaires moins connues dans les mois suivants. Le rapport fait ainsi état, pour la Charente-Maritime, de 227 cas de syndromes coronariens aigus (dont infarctus) et psychologiques (symptômes dépressifs, troubles anxieux, stress post-traumatique) recensés entre avril et septembre 2010.

Espèces invasives

De manière plus indirecte, la Nouvelle-Aquitaine est aussi très concernée par l’ambroisie, plante nord-américaine au pollen très allergisant. La région compte d’ailleurs deux villes, Mareuil (Dordogne) et Angoulême (Charente), dans le quinté de tête des villes françaises à l’index pollinique le plus élevé.

Arrivé en France par la Côte d’Azur en 2004, le moustique tigre, vecteur du chikungunya, de la dengue et du virus zika, est déjà largement implanté dans cinq départements de Nouvelle-Aquitaine (Gironde, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Dordogne, Lot-et-Garonne). A la différence de la façade méditerranéenne, ce moustique n’y a, à ce jour, entraîné aucun cas de transmission autochtone de maladies.

Mobilité douce: en-dessous de la moyenne nationale

Côté mobilité douce (vélo, marche, trottinette, rollers, etc.), la région semble en retard par rapport au reste de la France, avec 6,7% d’usagers contre 8,1%. Elle compte pourtant une ville pionnière en la matière, La Rochelle (Charente-Maritime): mesure de la qualité de l’air dès 1971, premier secteur piétonnier de France en 1975, journée sans voiture depuis 1997. «Cet exemple montre bien que de telles dynamiques s’inscrivent dans la durée et qu’elles peuvent servir de modèles de façon plus large pour la région Nouvelle-Aquitaine», estiment les experts.

«Si le changement climatique est donc de plus en plus reconnu comme une extrême menace pour la santé mondiale, c’est aussi une opportunité pour mobiliser la population en faveur de sa santé», indiquent-ils, estimant que la santé peut constituer un «moteur de la lutte contre le changement climatique».



Sites du groupe
Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus