La santé des mineurs, cause de rupture entre Sherpa et Areva

Le 19 décembre 2012 par Stéphanie Senet
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Un employé d'Areva, sur le site d'Arlit au Niger
Un employé d'Areva, sur le site d'Arlit au Niger

C’en est trop. L’association Sherpa a annoncé, le 18 décembre, mettre fin au partenariat signé en 2009 avec Areva pour la mise en place d’un observatoire de santé autour des sites miniers, jugeant que l’industriel l’avait réduit à une opération de communication.

Dans un communiqué, Sherpa affirme qu’elle a notifié son retrait dans un courrier adressé le 17 décembre au PDG Luc Oursel, après avoir consulté ses partenaires nigériens et gabonais.

L’accord signé le 10 juin 2009, au terme de deux ans de négociations, prévoyait la mise en place d’observatoires de la santé sur les sites de Mounana au Gabon et d’Arlit au Niger, en vue de leur généralisation sur tous les sites d’exploitation, ainsi que l’indemnisation d’anciens collaborateurs africains ou français ayant contracté des maladies liées à leur activité professionnelle.

Trois ans plus tard, l’association explique que des observatoires ont bien été mis en place sur les sites nigérien (depuis fin 2011) et gabonais (depuis fin 2010), dont 700 travailleurs ont pu bénéficier, et que deux familles d’expatriés français ont été indemnisées. Mais depuis l’arrivée de la nouvelle direction d’Areva (Luc Oursel a été nommé PDG en juin 2011, ndlr), Sherpa estime que le partenariat s’est réduit à peau de chagrin, c’est-à-dire à une opération de communication.

L’association déplore particulièrement l’absence d’indemnisation des travailleurs gabonais et nigériens, tombés malades en raison de leur activité, le blocage de la décontamination du site de Mounana, au Gabon, fermé depuis 1999, mais aussi la perte de leur interlocuteur habituel chez Areva.

En réponse, le géant de l’atome a exprimé son incompréhension en affirmant que l’association lui avait fait part à deux reprises de sa «satisfaction» sur les avancées des observatoires. L’industriel a ajouté qu’il maintenait son engagement.

Soulignons qu’Areva a gagné l’un des prix Pinocchio 2012 remis par les Amis de la terre pour avoir refusé de reconnaître sa responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des populations riveraines des mines d’uranium africaines, et dans le décès d’un ancien salarié, victime d’un cancer du poumon (voir JDLE).

 



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