La santé des Européens menacée par la «vie moderne»

Le 30 mai 2013 par Marine Jobert
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La santé des Européens passée au crible.
La santé des Européens passée au crible.
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A force de répéter le message, peut-être celui-ci atteindra-t-il les oreilles des dirigeants européens: la santé des peuples des 27 est menacée par la contamination de l’eau, de la nourriture et de l’air qu’ils ingèrent chaque jour. Le bruit affecte également leur santé, qui reste toutefois globalement bonne en comparaison d’autres régions du monde. Enfin, quantité de «nouvelle technologies» déjà largement répandues –les nanotechnologies et les radiofréquences- et dont les conséquences sanitaires n’ont été que peu évaluées, peuvent mettre en danger la santé future des Européens. Ce bilan alarmé est dressé par l’Agence européenne de l’environnement (AEE), dans un rapport publié ce 30 mai et consacré à la santé humaine et environnementale. «L’environnement et la santé ne sont pas juste un aspect de la politique environnementale; ils en sont le cœur», préviennent Jacqueline McGlade, la directrice générale de l’AEE et Maria Betti, la directrice de l’institut pour l’environnement et le développement durable (l’un des sept organes scientifiques de la Commission européenne), qui cosignent ce rapport. Le Journal de l’environnement se penche sur les nouveaux facteurs de risques listés par l’AEE.

 

C’est une évidence: la santé des Européens s’améliore, décennie après décennie. L’espérance de vie augmente encore –les disparités restent toutefois fortes entre les pays-, ce qui se traduit par un vieillissement global de la population. D’ici 2060, l’âge médian devrait atteindre 48 ans (contre 40,9 en 2010) et le nombre de personnes de plus de 80 ans devrait tripler. Si l’on vit plus longtemps, vit-on en bonne santé? «Plus de la moitié des citoyens européens entre 65 et 74 font état d’une affection de longue durée: les maladies circulatoires, respiratoires ou du système digestif, ainsi que les cancers, sont les causes principales de décès chez les plus de 65 ans.» Les maladies mentales sont en hausse et les maladies infectieuses, dont le nombre va vraisemblablement augmenter avec le changement climatique, sont en passe de devenir un problème de santé publique en Europe. Chez les enfants et les adolescents, note l’EEA, l’obésité, le cancer et les problèmes de développement neurologique sont particulièrement préoccupants.

 

Le rapport passe en revue les différents produits auxquels les Européens sont quotidiennement exposés, en commençant par les produits chimiques, dont les ventes annuelles ont doublé entre 2000 et 2009, avec une croissance mondiale prévue de 3% par an jusqu’à 2050. «La compréhension des impacts sur la santé humaine de l’exposition aux produits chimiques sur le long terme et à de faibles niveaux est encore limitée», écrit l’AEE. L’exposition à des ‘nouveaux métaux’ (tungstène, thorium, platinum, rhodium ou palladium) est pointée du doigt. Si l’exposition au plomb a diminué, cela n’est pas le cas pour le cadmium. «L’exposition au mercure et ses composés demeure un grave problème de santé publique», observe l’AEE.

 

L’agence européenne environnementale consacre un long passage aux perturbateurs endocriniens. Elle s’attache notamment à rappeler la controverse autour de la révision du principe de la dose journalière admissible (DJA) pour le bisphénol A, dont l’Efsa considérait en septembre 2010 qu’il n’y avait pas lieu d’y toucher, contredite en avril dernier par un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). «Il y a une reconnaissance croissante que le paradigme actuel de l’évaluation du risque chimique, qui envisage les substances produit par produit et considère le lien exposition/réponse de façon linéaire, sous-estime les risques pour la santé humaine et l’environnement.»

 

L’explosion des nanotechnologies est également un sujet de préoccupation pour l’AEE. Après en avoir cité tous les bienfaits potentiels et les gains économiques que l’on peut en espérer (25 milliards de dollars -19 Md€- en 2015), l’agence prévient que «ce sont exactement les mêmes propriétés qui rendent les ‘nano’ attractives au plan social, économique et environnemental qui pourraient créer des risques pour la santé humaine et l’environnement». Et de noter que les voies d’exposition (inhalation, ingestion et par le derme) ont été peu investiguées. «Certaines études sur les animaux et in vitro montrent qu’ils peuvent engendrer une inflammation qui peut conduire à une fibrose et au cancer, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux cerner la toxicité potentielle de plusieurs nanomatériaux.» [JDLE] Concernant les nanomatériaux, l’évaluation des risques n’en est encore qu’à ses prémisses et il est indispensable de rassembler des informations sur «leur présence, leur diffusion, leur destin et leur persistance dans l’environnement», prévient l’AEE.



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