La saison des marées vertes est déjà ouverte

Le 30 avril 2019 par Stéphanie Senet
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Echouages précoces et massifs dans la baie de Saint-Brieuc
Echouages précoces et massifs dans la baie de Saint-Brieuc

Des échouages précoces et massifs d’algues vertes ont été observés dans les baies bretonnes de Saint-Brieuc et de Fouesnant. Le présage d’une mauvaise année selon le Centre d’études et de valorisation des algues (Ceva). 

Le casse-tête continue sur les côtes bretonnes. Si l’importance des échouages varie selon les années, 2019 s’annonce mauvaise, 9 ans après le premier plan de lutte contre les algues vertes (PLAV). Des échouages précoces et massifs ont en effet été enregistrés dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), pourtant l’une des premières à s’être attaquée au problème. «On est un peu inquiets», reconnaît Sylvain Ballu, du Ceva.

Marche arrière

Outre Saint-Brieuc, des échouages importants sont aussi attendus dans la baie de La Forêt-Fouesnant (Finistère), selon le Ceva qui a réalisé des observations aériennes lors de la dernière grande marée d’avril. L’année 2018 avait pourtant représenté une accalmie, avec des surfaces touchées par les échouages environ 30% inférieures à la moyenne 2012-2017.

Plus de lumière, moins de tempêtes

Le Ceva met cette précocité sur le compte d’un début d’année plus lumineux et moins dispersif que d’habitude. Dû aux rejets azotés liés à l’élevage industriel et à l’épandage d’engrais, qui migrent dans l’eau, «le phénomène est amplifié par le stock d’algues dans la lame d’eau à la fin de l’automne, le nombre de tempêtes hivernales favorisant leur dispersion, et la luminosité et la température à la sortie de l’hiver», explique le centre.

Trois fois trop

«La seule action pertinente pour nous, c’est de réduire la quantité de nutriments qui sortent des baies en favorisant des pratiques agricoles vertueuses et moins intensives», a déclaré Thierry Burlot, vice-président de la région en charge de l’environnement. L’élu a ajouté que le taux de nitrates avait été abaissé de 45 milligrammes par litre en 2010 à 30 mg/l, mais il est reparti à la hausse l’an dernier. Selon des modélisations scientifiques, un taux inférieur à 10 mg/l permettrait d’empêcher la prolifération de marées vertes sur les côtes. 

Deux plans plus tard

Initié en 2009 et réitéré en 2017, le PLAV comporte un volet préventif, un volet curatif et un volet dédié aux connaissances. Il s’appuie sur des contrats conclus avec les acteurs des 8 baies et il est doté d’une enveloppe annuelle d’environ 12 millions d’euros.



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