La Russie renforce la perfusion gazière de l’Europe

Le 06 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a inauguré, mardi 6 septembre, le gazoduc Nord Stream, un projet stratégique qui va approvisionner directement l'Europe occidentale en passant par la Baltique, à l'heure où le ton monte entre Moscou et l'Ukraine, principal pays de transit.
 
V. Poutine a lancé le processus de mise en service à la station de compression de Portovaïa, près de Vyborg sur les bords de la mer Baltique, en commandant sur un ordinateur l'ouverture du gazoduc.
L'homme fort de la Russie était accompagné de l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, qui préside le consortium Nord Stream.
 
De l’azote a été injecté dans la conduite pour la mettre en pression, une étape clé avant l'ouverture prévue en octobre des vannes du gaz naturel.
 
Pour être bien compris de ses partenaires allemands, Vladimir Poutine a rappelé que «le volume de gaz fourni (sera) comparable à l'énergie produite par onze centrales nucléaires».
 
D'une longueur de 1.224 km, Nord Stream doit à terme permettre de transporter 55 milliards de mètres cubes de gaz par an jusqu'à la ville allemande de Greifswald en traversant les eaux territoriales de la Russie, de la Finlande, de la Suède, du Danemark et de l'Allemagne.
 
La première conduite, d'une capacité de 27,5 milliards de mètres cubes, a été achevée en mai. Une deuxième est en cours de construction et doit être achevée fin 2012, doublant la capacité du gazoduc.
 
Le coût du projet s'élève à 8,8 milliards d'euros.
 
Ce pipeline sous-marin permet à la Russie de contourner ses pays voisins par lesquels transite l'essentiel du gaz russe destiné à l'Europe, un enjeu de taille pour Moscou, qui est de nouveau aux prises avec l'Ukraine sur les tarifs du gaz.
 
Des conflits sur le prix du gaz russe payé par les Ukrainiens ont, ces dernières années, entraîné le blocage des approvisionnements européens.
 
Un quart des importations européennes de gaz proviennent de Russie, et 80% de ces dernières transitent par l'Ukraine.
La tension entre la Russie et l'Ukraine n'a cessé de monter ces dernières semaines, Kiev tentant de renégocier à la baisse le prix du gaz acheté à la Russie.
 
Le Kremlin pose pour condition que Kiev accepte enfin d'entrer dans l'Union douanière formée par la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan -un choix qui remettrait en cause son orientation européenne et à l'égard de l'Otan- et cède ses propres réseaux à Gazprom, le gazier public russe.
 
L'Ukraine refuse catégoriquement.
 
Dans les pages du quotidien russe Kommersant, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch déclarait mardi que Kiev s'apprêtait à contester devant la justice internationale ses contrats gaziers signés avec la Russie en 2009. Selon lui, l'Ukraine paye plus que l'Allemagne.
 
«Le prix du gaz pour l'Ukraine est inférieur à celui de la Pologne, la Hongrie, la Turquie et la Roumanie», a rétorqué le patron de Gazprom, Alexeï Miller, mettant en garde la direction ukrainienne contre une politique qui pourrait l'entraîner «dans une impasse».
 
Il a par ailleurs indiqué que le pacte d'actionnaires du projet South Stream, l'autre gazoduc prévu par Moscou pour approvisionner ses clients occidentaux, cette fois via la Mer noire, serait signé le 16 septembre.
 
Le français EDF et l'allemand Wintershall doivent recevoir une part de 15%, tandis que l'italien Eni, jusqu'à présent principal actionnaire au côté de Gazprom, réduira sa participation à 20%, selon A. Miller.


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