La Roumanie s’engage à protéger ses forêts

Le 24 novembre 2011 par Geneviève De Lacour
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La Roumanie, qui compte la plus grande surface de forêts vierges de l'Union européenne, souhaite mieux protéger ses massifs, un «trésor» pour le climat et la biodiversité selon le gouvernement roumain.

La semaine dernière, le ministre de l’environnement roumain a annoncé qu'un projet de loi doit, d'ici fin 2011, classer toutes les forêts vierges en zone de protection stricte, sans possibilité d’exploitation. Privés d'une source de revenu mais soumis à certaines dépenses, les propriétaires recevront des compensations financées via des fonds européens, pour un montant global évalué à 100 millions d'euros.

En Europe, ces forêts «sauvages» ont disparu dans de nombreux pays, sauf en Scandinavie et en Europe orientale. La Roumanie compte 250.000 hectares boisés majoritairement de hêtres, de sapins et d'épicéas et où vivent loups, ours et lynx. Même si leur surface s'est beaucoup réduite depuis le XIXe siècle, les forêts vierges roumaines ont été préservées en partie grâce à leur inaccessibilité, explique Erika Stanciu, directrice du programme Forêts du Fonds mondial pour la nature (WWF) dans les Carpates, tout en soulignant que l'inventaire n'est pas complet à ce jour. Mais ces forêts sont aujourd'hui de plus en plus menacées [JDLE]. «Seules 18% ont un statut de protection», selon le WWF qui a lancé fin octobre une campagne pour les «sauver». «Une fois exploitée, les forêts vierges emportent avec elle et pour toujours leurs informations génétiques et écologiques accumulées au long des millénaires», écrit Victor Giurgiu de l'Académie roumaine dans un article scientifique.

Une première expérience a été menée avec succès à Sinca où la mairie a accepté de ne pas toucher une partie de sa forêt vierge en échange d'une compensation financière du WWF. «L'engagement public du ministre pour les forêts vierges est un succès pour la campagne du WWF mais nous attendons de voir si ces mesures sont appliquées», déclare Gabriel Paun de l'ONG de défense de l'environnement Agent Green, «échaudé par certaines déclarations non suivies d'effet» du ministère dans le passé. La sensibilisation des propriétaires et l'efficacité des contrôles seront cruciales. La presse fait régulièrement état de coupes illégales effectuées dans des forêts vierges ou classiques par des sociétés privées avec la complicité de certaines autorités locales.

Le ministère souligne avoir renforcé les contrôles avec une hausse des saisies (189.892 mètres cubes en 2010 et déjà 134.883 m3 sur les 6 premiers mois de 2011). Le secrétaire d'Etat aux forêts Cristian Apostol explique que ces résultats ont été obtenus en effectuant les contrôles avec des officiers de police venus d'autres régions pour éviter des complicités locales. Le montant des amendes a aussi été relevé.

Mais du côté judiciaire, les résultats sont maigres. Depuis 1990, seuls 0,5% des dossiers portés devant les tribunaux ont fait l'objet d'un jugement définitif, selon le ministre de l'environnement. «Les juges considèrent souvent qu'il n'y a pas de danger pour la société», déplore-t-il, promettant d'envoyer une lettre au Conseil supérieur de la magistrature pour souligner l'importance «de l'application de la loi dans ce domaine».

L'industrie du bois a aussi une responsabilité pour s'assurer de la provenance du bois, soulignent les ONG. Récemment, l'ONG Agent Green a dénoncé des coupes illégales livrées à la société autrichienne Schweighofer en Roumanie.



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