La Réunion veut marquer ses requins à la culotte

Le 18 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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En 30 ans, la Réunion a connu 32 attaques de requin, dont 16 mortelles. Mais depuis quelques mois, ces assauts se multiplient et inquiètent les autorités locales. Cinq attaques de requins ayant entraîné la mort de deux surfeurs ont en effet eu lieu depuis le début de l'année à Saint-Gilles, la zone balnéaire la plus touristique de l'île (ouest) où les deux principales plages, Boucan Canot et Roches noires, demeurent fermées.

Choquée par la mort d’un surfeur le 19 septembre dernier, la préfecture de l’île a décidé, à la hâte, de partir à la chasse aux squales à la fin du mois de septembre (voir JDLE). Pêche infructueuse puisqu’une seule prise a été faite au cours de cette campagne de prélèvement. Voici maintenant venu le temps de la science et du recensement.

Les autorités réunionnaises ont ainsi annoncé le lancement d’opération de marquage de requins à l'aide de balises acoustiques à compter d’aujourd’hui 18 octobre, et cela dans le cadre d'un vaste programme scientifique visant à mieux connaître leurs mœurs et prévenir les attaques.

«On a besoin de comprendre ce qui se passe avec des méthodes scientifiques. L'objectif est de mieux gérer le risque requin et de prévenir des attaques qui ont atteint le niveau le plus élevé depuis 30 ans, qui plus est, dans des lieux où il n'y en avait pas», a déclaré le sous-préfet de Saint-Paul, Thomas Campeaux, lors d'un point-presse.

L'opération de marquage se déroulera sous l'égide de l'Institut de recherche sur le développement (IRD), la logistique ayant été confiée à une association locale. Au total, elle durera 4 mois, à raison de deux sorties en mer par semaine. Une dizaine de balises acoustiques seront installées dans sur le ventre des requins tigres (Galeocerdo cuvier) et bouledogues (Carcharhinus leucas), jugés responsables des attaques et qui se seraient sédentarisés près des côtes. Ces balises enverront leurs informations à trois petites stations d'écoute, fixées sur des bouées situées dans une réserve marine.

Cette campagne constitue la première phase d'une grande étude scientifique, baptisée Connaissance de l'habitat des requins côtiers de la Réunion (Charc), financée par l'Etat et la région, et visant à établir une «corrélation entre la présence et le comportement des requins et les facteurs du milieu» dont les courants, la pollution, la turbidité de l'eau, a commenté Marc Soria, scientifique de l'IRD et coordonnateur de l'opération.

Au total, 80 marquages seront effectués et deux caméras sous-marines installées pour les besoins de l'étude qui se déroulera sur 30 mois et comportera plusieurs volets (bibliographie, statistiques des attaques...). D’abord à visée scientifique, la campagne devrait aider à établir «une cartographie du risque requin», connaître les périodes et les zones les plus favorables à une attaque.

Et Thomas Campeaux de conclure: «Le faisceau d'informations récupéré permettra d'établir une échelle de risque, comme pour les avalanches».
 


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