La réglementation Nitrates suscite l’incompréhension en Bretagne

Le 23 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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Alors que la France tente de refondre sa réglementation pour se conformer à la directive Nitrates, des agriculteurs bretons estiment que les nouveaux textes vont limiter les systèmes herbagers au profit de l’élevage intensif.

 
Au cœur du conflit qui oppose Paris et Bruxelles, on trouve les interdictions d’épandage. La Commission européenne estime en effet que les périodes sont trop courtes en France.
 
Pour de nombreuses collectivités et associations, les mesures prises par le gouvernement, depuis le rappel à l’ordre de Bruxelles, manquent pourtant leur cible.
 
Non seulement, elles permettent d’augmenter théoriquement de 20% le plafond d’azote épandu, considéré comme propice à la prolifération des algues vertes (France Nature Environnement et d’Eaux et rivières de Bretagne ont fait un recours gracieux contre le décret du 10 octobre 2011), mais elles mettent en péril les systèmes herbagers au profit de l’élevage intensif selon le Cedapa (1).
 
«Cet arrêté est en totale contradiction avec les préconisations des scientifiques pour lutter contre les algues vertes» explique Patrick Thomas, président du Cedapa.
 
Ce producteur laitier de Saint-Bireuc s’appuie sur un avis du Conseil scientifique de l’environnement en Bretagne (CSEB) estimant que les projets d’arrêtés vont dégrader un peu plus le bilan azoté et la qualité des eaux douces et marines en Bretagne.
 
Pour les vaches laitières notamment, le CSEB rappelle que la France a longtemps eu l’une des références de rejets azotés les plus basses d’Europe (85 kg/animal selon une circulaire de 2001) pour appliquer a minima la directive européenne.
 
Il note que le décret et les arrêtés, en proposant de nouveaux seuils, créent une curieuse distinction en fonction des temps de pâturages (2). «La France est d’ailleurs le seul pays à instaurer cette différence» relève Patrick Thomas. En clair, les temps de pâturages les plus courts (inférieurs à 4 mois) obtiennent des seuils privilégiés par rapport aux recommandations de l’Inra, contrairement aux temps plus longs (de 4 à 7 mois, ou supérieurs à 7 mois).
 
Les éleveurs favorables aux systèmes herbagers, aux temps de pâturages plus longs, en sortent pénalisés, malgré le pouvoir des prairies de recycler naturellement l’azote.
 
Pour éviter cette inégalité, «il faudrait prendre en compte la complémentation protéïque dans les rejets des bovins alimentés à base d’ensilage de maïs» préconise le CESB.
 
En l’état actuel, Patrick Thomas estime «qu’il y a fort à parier que cette réglementation soit retoquée par Bruxelles».
 
(1)   Centre d’études pour un développement agricole plus autonome, militant pour le développement des systèmes herbagers
(2)   Le temps de pâturage représente le temps passé par le bétail à pâturer de l’herbe dans une prairie, et non à l’étable à ingérer du maïs ou du soja


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