La région, nouveau pilier de la prévention des déchets

Le 28 juin 2016 par Stéphanie Senet
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Matthieu Orphelin, directeur de l'économie circulaire à l'Ademe
Matthieu Orphelin, directeur de l'économie circulaire à l'Ademe

Régionalisation de la planification, tarification incitative et valorisation des déchets du bâtiment et des travaux publics permettront aux collectivités d’atteindre les objectifs de la loi sur la transition énergétique selon l’Ademe.

 

La régionalisation des plans de prévention et de gestion des déchets, dont le contenu a été fixé par le décret du 17 juin 2016, offre de nouvelles perspectives pour affiner les stratégies locales. «L’Ademe[1] propose d’ailleurs aux conseils régionaux de signer un contrat d’objectif dynamique régional pour l’économie circulaire, un Codrec, qui leur permettra de bénéficier de soutiens allant jusqu’à 450.000 euros par région», a annoncé ce 28 juin Matthieu Orphelin, directeur de l’économie circulaire, lors d’une conférence de presse[2].

L’objectif est de pousser les régions à rédiger la nouvelle stratégie sur l’économie circulaire prévue par la loi Notre, à accentuer la prévention des déchets, et à créer un observatoire régional sur le modèle de l’Ordif[3] francilien, tout en lançant des passerelles avec les stratégies sur l’énergie et le climat.

BTP: des freins à lever
Risques sanitaires, usages méconnus et flous réglementaires sont les principaux freins au recyclage des déchets du bâtiment et des travaux publics (BTP), selon la dernière analyse de l’Ademe. Autant d’obstacles à lever pour atteindre l’objectif de 70% de valorisation en 2020 prévu par la LTECV. «La commande publique représente un excellent levier d’action puisqu’elle touche la moitié des déchets annuels du BTP avec 109 millions de tonnes pour un total de 248 Mt», note Matthieu Orphelin. L’Agence relève d’ailleurs que le réemploi de ces déchets permet, in fine, aux collectivités d’économiser de 20% à 50% de leur budget Déchets.

 

Un essor en tache d’huile

 

Deuxième défi pour alléger les poubelles tricolores, la tarification incitative pourrait prendre son envol alors qu’elle ne concerne aujourd’hui que 200 collectivités, représentant 4,5 millions d’habitants. L’objectif est de tripler le nombre de citoyens concernés à l’horizon 2020, conformément à la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). «Son développement se fait en taches d’huile, dans les zones où il existe déjà des expériences positives», analyse Matthieu Orphelin. Géographiquement, les Pays de la Loire et l’Est de la France, tirés par l’expérience-pilote de Besançon, affichent une certaine avance.

 

Après un essor amorcé au lendemain du Grenelle, le mouvement s’est pourtant ralenti, «alors que les retours sur expérience s’avèrent exceptionnels», rappelle le directeur de l’économie circulaire. Un an après sa mise en place, la production moyenne d’ordures ménagères résiduelles (OMR) est ainsi divisée par deux, estime Raphaël Guastavi, chef adjoint du service Mobilisation et valorisation des déchets à l’Ademe. Elle s’élève à 131 kilogrammes par habitant et par an, contre 269 kg en moyenne dans l’Hexagone. A l’inverse, le fruit des collectes sélectives s’accroît, pour atteindre 102 kg/hab/an contre 77 kg sans tarification incitative. Enfin, le dépôt en déchetterie est aussi optimisé avec 290 kg/hab/an en moyenne contre 204 kg.

 


[1] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[2] Cette conférence a été organisée à l’occasion des journées techniques nationales Déchets de l’Ademe, qui se tiennent les 28 à 29 juin à Paris

[3] Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France

 



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