La région Midi-Pyrénées s’engage dans la méthanisation

Le 31 juillet 2013 par Stéphanie Senet
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100 installations sont prévues en 2020
100 installations sont prévues en 2020

Alors qu’un plan national Méthanisation a été lancé en mars dernier, Midi-Pyrénées est la première région à prendre un engagement concret. Objectif: créer 100 unités d’ici 2020, alors que la France en compte 90 aujourd’hui.

Multiplier par 5 la méthanisation? L’objectif de la région Midi-Pyrénées, qui regroupe aujourd’hui 17 installations, est des plus ambitieux. Gravé dans le marbre, il a fait l’objet d’une convention signée le 30 juillet par le président socialiste de la région, Martin Malvy, ainsi que par les ministres de l’écologie, Philippe Martin, et de l’agriculture, Stéphane Le Foll, en déplacement à la coopérative viticole de Plaimont, à Saint-Mont (Gers).

Une première du genre dans l’Hexagone, qui a jusque-là boudé cette production d’énergie, avec seulement 90 méthaniseurs agricoles installés fin 2012, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Selon Guillaume Bastide, ingénieur en charge des traitements organiques à l’agence, la France a pris du retard en raison de blocages financiers: la rentabilité d’une installation dépend à 20% des subventions fournies par l’Ademe, le conseil régional ou l’Union européenne. Une installation moyenne, d’une puissance de 200 kilowatts, représente un investissement variant entre 1,4 et 1,6 millions d’euros. L’Allemagne a au contraire massivement investi dans cette production, avec 7.000 installations.

Le coup de pouce de la région Midi-Pyrénées est donc bienvenu pour les exploitations agricoles, viticoles, ainsi que les fromageries, les principales intéressées dans la région. Une enveloppe de 8 M€ sur 4 ans est dédiée au dispositif, la région finançant les travaux à hauteur de 20% des dépenses éligibles, avec un plafond maximal de 500.000 € par projet.

La région conditionne l’octroi de ses aides à trois conditions principales. Le projet ne doit pas recourir à des cultures énergétiques, mais méthaniser les déchets existants. De quoi rassurer les associations de protection de l’environnement, qui craignent de revivre le cauchemar des agrocarburants. Ensuite, les transports des intrants et digestats doivent être limités, sans que la région n’apporte de précision sur la distance maximale. Enfin, des retombées locales doivent être prévues, notamment en termes d’emploi.

Un premier dispositif Biogaz avait été lancé en 2011 par le conseil régional. Il avait permis de financer 15 des 17 unités existantes, pour un montant de 2,3 M€. "En plus des 17 méthaniseurs, 3 installations vont voir le jour d'ici la fin de l'année et 70 autres projets sont en cours de réalisation", précise Martin Malvy, président du conseil régional.

Vaste région agricole, Midi-Pyrénées présente un fort potentiel énergétique. Selon l’étude de caractérisation du gisement brut, réalisée par le bureau d'études Solagro, ce potentiel s’élève à 8.200 gigawattheures PCi par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de gaz des secteurs résidentiel et tertiaire de la région. Il s’appuie sur les résidus de culture, les lisiers, les déchets agroalimentaires, mais aussi les biodéchets municipaux et les boues des stations d’épuration.  

A court terme, en revanche, seul un quart de ce gisement est facilement mobilisable, estime le conseil régional, «notamment en raison de la concurrence de débouchés pour les résidus de culture».

La baisse de la cote des agrocarburants de première génération, ainsi que le nouveau plan national en faveur de la méthanisation agricole, présenté le 28 mars par Stéphane Le Foll, visant à créer 1.000 installations en 2020, pourraient toutefois doper la production de biogaz dans l’Hexagone.

 



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