La région francilienne face à ses risques industriels

Le 23 novembre 2018 par Stéphanie Senet
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La raffinerie Total de Grandpuits émet dioxyde de soufre et poussières
La raffinerie Total de Grandpuits émet dioxyde de soufre et poussières

Des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) bouclés en Ile-de-France, des énergies renouvelables à la peine et des polluants atmosphériques instables… La Direction régionale interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE-IDF) a dressé, le 22 novembre, un bilan contrasté des nuisances dans la région.

Bonne nouvelle, l’Ile-de-France est désormais couverte par des PPRT autour des 37 sites Seveso de seuil haut. Début 2018, les 27 PPRT de la région ont en effet été approuvés pour maîtriser l’urbanisation autour des sites industriels les plus à risque. Ces plans vont permettre de prendre des mesures d’expropriation et de délaissement (9 PPRT) et de prescrire des travaux de renforcement du bâti (10 PPRT) grâce à un financement tripartite de l’Etat, des collectivités et des industriels. Le plus dur reste à faire puisqu’il faut maintenant les mettre en œuvre.

Autre nouveauté: 66 autorisations d’exploiter une installation classée pour la protection de l’environnement –ICPE– (entrepôts, installations de traitement des déchets, carrières et traiteurs de surface) ont été accordées l’an dernier. Ce qui porte à 11.123 le nombre total d’ICPE dans la région.

Géothermie au beau fixe

Côté énergies renouvelables, trois parcs éoliens ont enfin pu être mis en service (27 mégawatts –MW) à Arville et Boissy-la-Rivière. S’ils permettent de doubler la capacité régionale, qui atteint désormais 50 MW, celle-ci reste très marginale par rapport aux objectifs du schéma régional visant de 200 à 540 MW.

La puissance photovoltaïque raccordée fin 2017 n’est guère meilleure. Avec une puissance installée de 91 MW (14.288 installations), elle est la plus faible des régions françaises, et accuse un énorme retard. Le schéma régional Climat Air Energie (SRCAE) d’Ile-de-France vise en effet une puissance installée de 520 MW en 2020 et une production d’électricité de 517 gigawattheures –GWh– par an. 

Seule la géothermie profonde tire son épingle du jeu puisqu’elle totalise plus des deux tiers de la production nationale grâce aux installations sur la nappe du Dogger (plus de 1.600 mètres de profondeur), de l’Albien et du Néocomien (plus de 600 m de profondeur) et du Lutétien (plus de 100 m).

Enfin, les 7 unités de méthanisation et les installations de stockage de déchets raccordées ont permis de fournir 907 GWh d’électricité et 3.847 GWh de chaleur en 2014, selon l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (Ordif).

A noter que 139 installations relèvent du système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS). En 2016, le plafond des émissions gratuites allouées a été réduit à 3.490 kilotonnes –kt– contre 3.670 kt en 2015.

595 sites et sols pollués

A cause de son long passé industriel, l’Ile-de-France abrite encore un grand nombre de sites et sols pollués. Il s’élevait à 595 sites en mars 2018 selon la base de données Basol du ministère de la transition écologique. Sur ces terrains ou anciennes installations, peuvent se trouver des déchets et des produits toxiques susceptibles de polluer les sols, les eaux superficielles et les nappes d’eau souterraines.

Sous contrôle / Les 1.352 contrôles d’installations opérés par les inspecteurs de l’environnement ont donné lieu à 242 mises en demeure, 30 astreintes, 6 amendes administratives et 12 suspensions d’activité.

 

NOx et SO2 en baisse

Au niveau atmosphérique, les émissions industrielles d’oxydes d’azote –NOx– ont chuté de 13,3% par rapport à 2015. Une baisse imputable à la fermeture du centre de production thermique EDF de Vitry en 2015 et au remplacement du fioul lourd par du gaz dans 4 chaufferies de la CPCU[1] (Bercy, Grenelle, Vaugirard et Ivry). Les plus gros émetteurs restent les usines d’incinération (Ivry Paris XIII et Créteil), les chaufferies urbaines (Saint-Ouen et Vitry), et les raffineries de pétrole (Total Grandpuits Mormant).

Côté dioxyde soufre, les émissions industrielles ont régressé de 42% en 2016 par rapport à l’année précédente, là encore grâce à la fermeture du site EDF de Vitry et du passage au gaz de 4 chaufferies, mais aussi au remplacement d’une partie du charbon de la chaufferie de Saint-Ouen par de la biomasse. Quant aux émissions actuelles, elles proviennent à 62% du raffinage et du stockage de produits pétroliers.

COV et poussières en hausse

En revanche, les émissions de composés organiques volatils –COV– ont progressé en 2016 (+1,2%) à cause des imprimeries et des usines automobiles, qui représentent à elles deux 52% des émissions totales régionales. Même chose pour les émissions de poussières qui ont bondi de 20% en 2016 et sont surtout dues au raffinage du pétrole et à la production d’engrais (66% à eux deux).



 

[1] Compagnie parisienne de chauffage urbain

 



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