La recherche sur les cancers professionnels

Le 23 mars 2006 par Claire Avignon
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Lors d’un colloque organisé le 22 mars, l’Association de la recherche sur le cancer (Arc) a présenté les premiers résultats d’un important programme de recherche sur les cancers professionnels et environnementaux.

D'ici la fin de l'année 2006 devrait être terminé le programme de recherche lancé en 2002 sur les cancers professionnels, en partie financé par l'Arc. Mais, déjà, l'association a décidé de diffuser les premiers résultats, en partenariat avec l'association des accidentés de la vie, la Fnath, afin de mieux sensibiliser l'ensemble des acteurs concernés. Car le sujet reste méconnu malgré son importance: on compte environ 15.000 décès chaque année dus aux cancers professionnels, et 15.000 à 20.000 nouveaux cas par an, ce qui représente un taux de 5 à 10% de l'ensemble des cancers. Par ailleurs, la meilleure prise en compte des risques professionnels est aussi une question de santé publique, rappelle Marcel Goldberg, coordonnateur du pôle de recherche Areca (1) sur l'épidémiologie des cancers professionnels: «Les salariés sont les «sentinelles de la population» en matière d'exposition à des substances cancérogènes puisqu'ils sont exposés à des doses importantes et sur de longues périodes. La plupart des substances ont été identifiées comme cancérogènes en milieu de travail.»

Le programme de recherche, qui a bénéficié de 1,4 million d'euros de la part de l'Arc, a permis de créer et d'animer un réseau d'environ 40 chercheurs répartis dans 7 laboratoires (Inserm, Instituts universitaires de médecine du travail, Institut de veille sanitaire). De nombreuses enquêtes ont bénéficié de fonds, en particulier sur les risques professionnels des cancers du poumon et des voies aérodigestives supérieures, des hémopathies malignes lymphoïdes de l'adulte, des cancers du sein, etc. Ainsi, une étude de l'université de Bordeaux sur la Gironde, appelée Cerephy, a associé le risque de tumeur cérébrale à l'exposition aux pesticides. Un prolongement national, Cerenat, est en cours d'élaboration.

Le colloque a également été l'occasion de présenter le travail réalisé sur les matrices emplois-expositions coordonné par le département santé-travail de l'Institut de veille sanitaire (InVS). Il s'agit d'une base de données associant à des professions ou des postes de travail, des années 1930 à nos jours, les données d'exposition (probabilité, intensité et fréquence) à des nuisances, et notamment des substances cancérogènes. Un chantier de grande ampleur, puisqu'il s'agit de dizaines de milliers de types d'emploi, qui doit permettre d'évaluer à quels produits cancérogènes un salarié a été exposé en fonction de son passé professionnel. «Cette méthode va remplacer celle qui consiste à interroger de manière approfondie les travailleurs, un procédé long, coûteux et non adapté aux études qui comprennent des milliers de cas», explique Marcel Goldberg.

Toutefois, ces premiers résultats ne doivent pas cacher le fait que la recherche française dans le domaine des cancers professionnels reste fragile. «Je travaille dans ce domaine depuis 30 ans, et j'ai passé 27 ans à mendier pour avoir des fonds», indique Marcel Goldberg.



(1) Alliance des recherches sur les cancers




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