La recherche se penche sur la santé-environnement

Le 01 avril 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Les problématiques de santé-environnement et santé au travail constituent de nouvelles perspectives de recherche pour les scientifiques. Etablir des liens de causalité entre maladies et phénomènes environnementaux nécessite de nombreux travaux.

Développer les connaissances en santé-environnement et santé au travail pour une meilleure prévention ne relève pas seulement de la sphère politique, qui a récemment mis en oeuvre des programmes de lutte et de prévention sur plusieurs troubles et maladies en lien avec l'environnement. Le domaine de la recherche a un rôle à jouer, comme le montrent les interlocuteurs du séminaire qui se tient depuis hier au ministère délégué à la recherche. Il s'agit d'une tâche importante, même si l'on considère uniquement l'exposition aux contaminants, car les connaissances scientifiques sont encore insuffisantes.

Les champs électroniques non ionisants nécessitent encore des études sur l'impact sanitaire des lignes à haute tension mais aussi sur celui de la téléphonie mobile. Dans le premier cas, un lien est fortement suspecté entre champ magnétique et leucémie des enfants. Dans le second, qui absorbe 15 millions d'euros pour la recherche par an en France, les études ont révélé qu'il n'existait pas de danger sanitaire sur les stations de base de la téléphonie mobile. L'usage des portables pose toutefois encore de nombreuses questions. «Le déficit d'études est également constaté sur les autres sources comme l'IRM ou le Wifi. Seuls deux laboratoires travaillent en France sur cette thématique  et l'essentiel de la recherche se situe en Europe», explique Bernard Veyret de l'Ecole nationale de chimie de Bordeaux qui regrette l'absence d'évaluation précise d'exposition des populations.

La présence de métaux lourds dans l'environnement n'est pas une problématique récente. L'impact sur la santé du cadmium, du cuivre, du plomb ou du zinc est le résultat de processus complexes qui sont encore peu connus: «Nous devons mieux étudier le cycle des métaux, de la source de la contamination à l'alimentation humaine», affirme Alain Boudu, co-directeur du programme Ecotoxicologie et écodynamique des contaminants (Ecodyn). De plus, lorsque ces métaux sont associés à des contaminants organiques, il peut exister des phénomènes de synergie qui ont des conséquences sur l'environnement et sur les hommes. Autre axe sur lequel doivent travailler les chercheurs: les impacts en cas de faibles concentrations.

Les pollutions terrestres et aquatiques ne sont jamais monofactorielles, c'est-à-dire à base d'un seul agent contaminant, et la recherche s'est peu penchée sur l'addition des polluants. «Seuls les hommes de terrain ont été jusqu'à présent confrontés à la multipollution. Nous devrions développer ces phénomènes au niveau expérimental et mettre en place des équipes de recherche pluridisciplinaires», poursuit Alain Boudu. Le chercheur insiste aussi sur l'importance de mettre au point des indicateurs précoces et spécifiques à chacun des métaux pour avoir une meilleure estimation des risques.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus