La raffinerie Total de La Mède bloquée par Greenpeace

Le 29 octobre 2019 par Victor Miget
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La raffinerie prend en charge chaque année 650.000 tonnes d'huiles et graisses par an et s'approvisionne en huile de palme à hauteur de 300.000 tonnes.
La raffinerie prend en charge chaque année 650.000 tonnes d'huiles et graisses par an et s'approvisionne en huile de palme à hauteur de 300.000 tonnes.
Total

Plusieurs militants de l'association Greenpeace ont bloqué, ce mardi 29 octobre, la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône). Ils dénoncent la déforestation induite par la production d’agrocarburant à base d'huile de palme.

 

Lève-tôt. Ce mardi 29 octobre, à 6H00 du matin, des activistes de Greenpeace ont investi l’usine Total de la Mède (Bouches-du-Rhône). La vingtaine de manifestants a fermé l’accès à la raffinerie avec deux conteneurs. «Deux activistes de Greenpeace se trouvent dans chaque conteneur, et peuvent rester autonomes pendant plusieurs jours pour bloquer l’accès au site», précise l’ONG dans un communiqué. Sur les cuves, une demi-douzaine d’alpinistes de l’association ont déployé une banderole siglée : Déforestation en cours.

Représailles. Le 11 octobre, le Conseil constitutionnel avait rejeté le recours de Total contre la suppression de l’avantage fiscal sur les carburants à base d’huile de palme. En réaction, Total avait déclaré vouloir exporter sa production de biodiesel en Allemagne et cesser tout achat d’oléagineux français.

Relancée en juillet, la bioraffinerie de La Mède (lien) doit produire 500.000 tonnes d’agrocarburant par an, essentiellement à partir d’huile de palme importée. «Cette action intervient alors qu’un nouveau cargo rempli d’entre 30.000 et 45.000 tonnes d’huile de palme en provenance d’Indonésie, l’Ocean Breeze, est arrivé dimanche [27 octobre] soir dans le port de Lavera, à côté de l’usine de la Mède», ajoute l’organisation écologiste. Contacté par Le JDLE, Clément Sénéchal, porte-parole Climat de Greenpeace-France explique que «l’Indonésie a perdu plus de 30 millions d’hectares de forêt depuis les années 1990. L’une des causes principales n’est autre que la culture d’huile de palme». 

Interdire les agrocarburants de 1ere génération 

Derrière cette action, Greenpeace demande que la suppression de la niche fiscale pour l’huile de palme dans les carburants, décidée par les députés en décembre 2018 (lien), soit maintenue dans le projet de loi de finances 2020. Adjurant le Gouvernement français d’appliquer sa Stratégie nationale de lutte contre la déforestation Importée (SNDI) en commençant par interdire les importations de soja et d’huile de palme ayant contribué à la déforestation.

Contacté par L’Usine Nouvelle, Total assure de son côté que « 100 % des huiles traitées à La Mède sont certifiées durables selon les critères exigés par l’Union Européenne». La raffinerie importe chaque année 650.000 tonnes d'huiles et graisses par an et s'approvisionne en huile de palme « durable et certifiée » à hauteur de 300.000 tonnes. Un argument qui ne convainc pas les écologistes. Clément Sénéchal assure que «sur place, les industriels indonésiens ne respectent pas les engagements sur la déforestation […] De plus, la chaîne d’approvisionnement de Total n’a pas la traçabilité nécessaire pour assurer que son huile est durable car les flux sont mélangés». D’après Greenpeace, cette seule usine devrait augmenter les importations françaises de plus de 60%.

 

 

 

 

 

 

 



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