La radioprotection: priorité de l'ASN pour 2007

Le 04 avril 2007 par Bérangère Lepetit
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Devenue indépendante en 2006, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a dressé mardi 3 avril un premier bilan de ses activités pour l'année 2006. Verdict: «assez satisfaisant», excepté en matière de radioprotection.

Dans un communiqué daté du 6 mars 2007, l'ASN avait admis que «cet événement» constituait «le plus important accident impliquant les rayonnements ionisants ayant eu lieu en France». L'accident de radiothérapie de l'hôpital d'Epinal (Vosges), survenu entre mai 2004 et août 2005 où quatre patients surdosés sont morts et 20 souffrent de séquelles, flottait dans les esprits, mardi 3 avril, lors du bilan annuel de l'ASN institué par la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (1).

Epinal n'est pas le seul accident grave déclaré ces derniers temps. En avril 2006, on apprenait qu'une jeune femme traitée par radiothérapie au centre hospitalier Lyon-Sud (Rhône) était morte à la suite d'une surdose de rayons due à un mauvais réglage de l'appareil de soins. Le 28 juin 2006, une patiente a subi une erreur de dosage au cours d'une séance de radiothérapie à Saint-Etienne (Loire). «Sans l'incident d'Epinal, des affaires graves ou de moindre gravité n'auraient sans doute pas émergé», commente André-Claude Lacoste, le président de l'ASN. «La déclaration des incidents par les professionnels résulte d'un changement de culture en France vis-à-vis de la radioprotection.»

L'ASN juge donc l'année 2006 «contrastée» dans le domaine médical. Et estime que de sérieux efforts restent à accomplir, plus particulièrement en matière de facteurs organisationnels et humains. L'autorité rappelle que les personnels des services de radiothérapie sont globalement en nombre insuffisant. Dans certains services, la radiothérapie est pratiquée « en flux tendu » et les équipes sont surchargées. Une enquête est en cours pour estimer les besoins dans le domaine de la physique médicale afin d'identifier les services de radiothérapie où des effectifs supplémentaires apparaissent nécessaires.

De même, l'ASN a annoncé être un «élément moteur de la mise en place, avec le ministère chargé de la santé, d'un plan d'action relatif à la sécurité des patients en radiothérapie». «Pour améliorer la sécurité des traitements, a expliqué le commissaire de l'ASN, Michel Bourguignon, il est nécessaire pour les inspecteurs de l'ASN d'évaluer les pratiques médicales, ce qui rend la tâche des plus difficiles car à la limite de notre champ d'intervention.»

Autre domaine où des efforts sont attendus: le domaine industriel hors industrie nucléaire. L'ASN estime que «les efforts de rigueur d'exploitation et les actions de formation et de sensibilisation à la radioprotection doivent être poursuivis». Un intérêt particulier sera porté en 2007 sur la gammagraphie. Le mardi 27 février 2007, dans un local de l'entreprise Cico centre de Clamecy (Nièvre), un incident s'est produit avec un gammagraphe, un appareil de radiographie industrielle utilisé pour le contrôle d'une soudure. Et en 2006, selon un rapport de l'Institut de recherche et de sécurité nucléaire (IRSN), 8 travailleurs de l'industrie non nucléaire ont été exposés à des doses supérieures à celles prescrites (2). Pour l'ensemble des sources dans l'industrie et la recherche, l'ASN mobilise une centaine d'agents et prévoit d'effectuer environ 500 inspections en 2007.



Depuis l'an dernier, la loi a attribué à l'ASN le statut d'«autorité administrative indépendante». Dirigée par un collège de cinq commissaires nommés pour 6 ans, dont trois par le président de la République et un par le président de chacune des deux chambres parlementaires, l'ASN rend désormais compte de ses activités au Parlement, et lui transmet son rapport annuel.

1) http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=DEVX0100081L

(2) voir article du JDLE: «Sources radioactives: l'industrie non nucléaire à la traîne »




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