La radioactivité nuit gravement à la litière

Le 21 mars 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La radioactivité ralentit fortement la formation d'humus.
La radioactivité ralentit fortement la formation d'humus.
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Voilà de très nombreuses années que Timothy Mousseau (université de Caroline du Sud) et Anders Pape Møller (université Paris Sud) tentent d’établir un bilan écologique exhaustif de la catastrophe de Tchernobyl. Après avoir étudié l’impact d’une longue exposition à la radiation des insectes, des oiseaux ou des arbres, les deux chercheurs se sont intéressés à la litière.

Cette couche de feuilles, de débris végétaux et d’aiguilles de résineux est essentielle pour l’écologie de la forêt: elle protège le sol, abrite maintes espèces animales, favorise la germination des graines et finit par alimenter les végétaux en étant décomposée en humus.

572 échantillons testés

En septembre 2007, l’équipe des deux chercheurs a disposé autour de la centrale nucléaire accidentée 572 sachets contenant des échantillons de feuilles et d’aiguilles provenant des 4 principales espèces d’arbres de la région: chêne pédonculé (Quercus robur), érable plane (Acer platanoides), bouleau verruqueux (Betula pendula), pin sylvestre (Pinus sylvestris). Ces sachets ont été disposés dans des sites pas, peu et très radioactifs.

Neuf mois plus tard, les échantillons de litière ensachée ont été récupérés, pesés et analysés. Surprise: plus les poches se trouvaient dans des endroits soumis à de forts débits de dose de radiation, moins les feuilles et les aiguilles étaient décomposées. Dans un article récemment paru dans Oecologia, Anders Pape Møller et Timothy Mousseau montrent une linéarité entre le niveau de radiation et le degré de dégradation de la litière. Plus le territoire est contaminé, moins les feuilles sont dégradées.

Plus c'est radioactif, moins ça se dégrade

La transformation de la litière en humus est le fruit de son lessivage, de la fragmentation, de la minéralisation et de l’appétit de micro-organismes et d’invertébrés: bactéries saprophytes, collemboles, acariens, cloportes, lombrics, etc. Sans en établir la preuve, les deux chercheurs et leur équipe estiment que la contamination radioactive a fortement réduit la biodiversité de la microfaune du sol, réduisant du même coup l’efficacité de son action transformatrice de la litière.

Ces phénomènes perturbent le cycle écologique forestier ukrainien. Les espèces d’oiseaux qui se nourrissent d’invertébrés de la litière sont plus rares dans les zones les plus contaminées. Plus grave: l’accumulation de la litière accroît le risque d’incendie de forêt et de contamination de zones saines par les retombées de cendres radioactives.



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