La qualité du mâchefer influencée par le tri sélectif

Le 01 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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Le tri sélectif du verre réduit les quantités de mâchefers produites lors de l’incinération. C’est le résultat des études développées par l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon. Mais la diminution du verre dans les fours n’est pas non plus sans effets pervers.

Les chercheurs de l'Insa de Lyon ont  comparé les performances énergétiques des usines d'incinération de Lyon nord et de Lons-le-Saulnier (Jura). La différence? Lyon trie moins que le Jura. Lyon nord incinère dans les déchets 13% de verre contre 3% seulement dans le Jura: «Nous constatons d'abord que la production de mâchefers est moindre quand il y a un tri plus efficace, a expliqué Patrick Germain, professeur à l'Insa lors du débat organisé hier à Pollutec par la Société française de génie des procédés (SFGP). Le ratio est de 250 kilogrammes de mâchefers par tonne d'ordures ménagères (OM) incinérées à Lyon contre 150 kilogrammes à Lons-le-Saulnier». La différence tient dans la teneur en silice qui représente 50% du volume à Lyon contre 30% dans le Jura. En revanche, les mâchefers jurassiens contiennent plus de chaux.

Quelles conséquences sur la réutilisation des mâchefers? Ceux-ci sont réglementairement séparés en trois catégories. Ceux qui contiennent des valeurs trop importantes en métaux lourds sont orientés vers les centres de stockage  de classe 1. Ceux qui sont inertes peuvent être recyclés en sous-couches routières. Une part importante des 3,5 millions de tonnes produites par les 130 incinérateurs français tous les ans est soumise à  une période de maturation avant d'être réutilisable: «Nous constatons que les mâchefers issus du Jura ont une vie biologique plus importante, assure Patrick Germain. La carbonatation de la matière organique est plus intense, mais aussi plus lente.» Ces mâchefers sont donc de bons absorbeurs de dioxyde de carbone (CO2)   mais ils atteignent plus difficilement les normes permettant le recyclage.: «On peut même imaginer faire passer les fumées des usines d'incinération à travers les mâchefers pour accélérer l'absorption de CO2 et améliorer le bilan de gaz à effet de serre», s'amuse Patrick Germain. Mais cette heureuse influence du tri sélectif a cependant un revers. La combustion des déchets étaient traditionnellement freinée par l'apport de verre. Sans cet apport, les fours ont tendance à s'emballer. Aussi, pour conserver la maîtrise de leurs unités, les gestionnaires sont contraints de diminuer les performances des fours.




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