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La qualité de l’air s’améliore en France

Le 26 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'ozone reste problématique.
L'ozone reste problématique.
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Les émissions de la plupart des principaux polluants surveillés sont à la baisse depuis 2000. Ce qui ne suffit pas pour respecter scrupuleusement les normes sanitaires de qualité de l’air.


Observée depuis plusieurs années, la tendance se poursuit. Depuis le début de la décennie, la qualité de l’air s’améliore en France, indique une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD), mise en ligne ce 26 octobre. Le fruit des stratégies et plans mis en œuvre ces dernières années, estiment les auteurs.
Depuis l’an 2000, les émissions de dioxyde de soufre, majoritairement d’origine industrielle, ont chuté de 77%. Merci à l’utilisation croissante d’énergies renouvelables, aux économies d’énergie, à l’électrification de processus de fabrication, à la consommation de combustibles moins soufrés.

renouvellement du parc
Durant la même période, les oxydes d’azote (NOx et NO2) n’ont baissé ‘que’ de moitié. Cette performance résulte essentiellement du renouvellement du parc automobile. Les moteurs et les équipements anti-pollution des véhicules ont fortement progressé durant ces deux décennies. Les voitures diesel étant responsables de la quasi-totalité des NOx du transport routier, on peut imaginer que ces émissions diminueront encore avec le recul progressif de la part des diesel dans le parc automobile tricolore. En 2017, les constructeurs ont vendu 386.000 voitures neuves carburant au gazole: 28% de moins qu’en 2012. Une tendance qui devrait se poursuivre, à mesure que la taxation du gazole s’alourdira.

industrie et chaudières à bois
Les rejets de particules fines sont également à la baisse. Ces 18 dernières années, les émissions de PM10 ont baissé de 41%, contre 48% pour les PM2,5. Grâce en soit rendue au perfectionnement des techniques de dépoussiérage de l’industrie et à l’amélioration des rendements et des filtres des chaudières à bois.
Toutes les pollutions ne reculent malheureusement pas. L’usure des plaquettes de frein, des pneumatiques et des caténaires continue toujours de ‘cracher’ autant de particules de cuivre. Tout comme l’ammoniac, un polluant essentiellement d’origine agricole: décomposition des engrais azotés et effluents des stockages de lisier.

dépassements nombreux
A l’exception de l’ozone (stable depuis 2007), les concentrations de polluants dans l’air sont plutôt dans une tendance baissière. «Mais le plus souvent dans des proportions plus faibles que pour les émissions», soulignent les auteurs.
Ce qui n’interdit pas des dépassements des normes réglementaires de qualité de l’air pour la protection de la santé. Des normes qui concernent essentiellement le dioxyde d’azote (NO2), les particules PM10 et l’ozone (O3). Entre 2000 et 2017, le nombre d’agglomérations où des dépassements annuels de la concentration réglementaire en NO2 est passé de 24 à 12. Le nombre de collectivités (une trentaine) dépassant les normes d’ozone reste stable depuis l’an 2000. En revanche, villes et intercommunalités souffrant de pic de PM10 a fortement décru: une trentaine en 2007 contre une poignée 10 ans plus tard.

sonnette d’alarme
La diminution de villes dont le fond de l’air effraie masque certaines disparités géographiques. «Pour le NO2, 157 agglomérations n’ont jamais connu de dépassement de normes réglementaires de qualité de l’air […] alors que 5 d’entre elles en enregistrent chaque année»: Marseille-Aix, Montpellier, Paris et Strasbourg. Pour l’ozone, on tire régulièrement la sonnette d’alarme à Avignon, Beaucaire, Gérardmer, Marseille, Aix-en-Provence, Montpellier, Mulhouse, Nice et Toulon.

Pour les particules seules Paris et sa petite couronne font l’objet de signalement chaque année. Elles sont néanmoins talonnées par Sallanches, Fort-de-France et Lyon qui ont connu des dépassements pour 10, 9 et 8 années sur les 11 prises en compte.

Justice. Dans sa décision du 12 juillet 2017, le Conseil d’Etat a enjoint à l’Etat de prendre, d’ici le 31 mars 2018, toutes les mesures nécessaires pour que soient respectées les normes de la qualité de l’air dans le délai le plus court possible. Cela n’a pas empêché la Commission européenne de traîner la France (et 5 autres pays membres) devant la Cour européenne de justice pour non-respect des normes de NO2 et de particules fines.


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