La qualité de l’air s’améliore à Paris mais reste critique

Le 29 septembre 2017 par Stéphanie Senet
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Pollution atmo à Paris
Pollution atmo à Paris

Malgré des pics de pollution accentués au deuxième semestre, l’année 2016 a vu la qualité de l’air s’améliorer sensiblement à Paris, selon le bilan publié le 28 septembre par Airparif.

 

Sans surprise, les concentrations de particules PM10[1] restent problématiques dans la capitale. La valeur-limite journalière de 50 microgrammes par mètre cube (µg/m3) a été dépassée 47 fois l’an dernier dont 8 jours consécutifs en décembre. Pour mémoire, la directive européenne sur la qualité de l’air n’autorise que 35 dépassements par an. Ce résultat s’avère encore plus mauvais qu’en 2015, avec 1 à 7 jours de dépassement supplémentaires sur les deux stations de fond parisiennes. Au total, 200.000 personnes (10% de la population) ont été potentiellement exposées à des dépassements des valeurs-limites journalières, rappelle l’association de surveillance de la qualité de l’air.

Du côté de la valeur-limite annuelle, les dépassements du plafond (40 µg/m3) ont été moins nombreux. 60.000 personnes ont toutefois été exposées à un dépassement de l’objectif de qualité, fixé à 30 µg/m3. Elles étaient 100.000 l’année passée.

 

Objectif de qualité dépassé pour les PM2,5

Comme pour les particules PM10, les concentrations les plus élevées de PM2,5 ont été enregistrées dans le cœur de l’agglomération, à proximité des grands axes routiers. Si la valeur-limite annuelle (25 µg/m3) a été respectée dans toute la capitale en 2016, l’objectif de qualité (10 µg/m3) est dépassé pour l’ensemble de la population.

Depuis 2002-2004, les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 ont fléchi de plus de 40%. Une baisse à mettre sur le compte de la baisse des émissions de particules primaires à la sortie des pots d’échappement des véhicules diesel (-70% entre 2000 et 2012).

 

Situation critique pour le dioxyde d’azote

Pour le dioxyde d’azote, en revanche, la situation reste critique. Les dépassements de la valeur-limite annuelle (40 µg/m3) se sont produits aux abords des grands axes routiers, avec des concentrations oscillant entre 46 et 91 µg/m3. Ces dépassements ont touché près de 1,1 million de personnes. Soit près d’un Parisien sur deux.

 

Objectif de qualité non respecté pour l’ozone

Non émis de façon directe, l’ozone provient de réactions chimiques entre le dioxyde d’azote et les composés organiques volatils (COV), sous l’effet du rayonnement solaire. A des concentrations élevées, il déclenche des crises d’asthme et des maladies respiratoires. Il perturbe aussi la photosynthèse, provoque des nécroses sur les feuilles et les aiguilles d’arbre, dégrade les matériaux de construction et contribue à l’effet de serre.

Selon Airparif, la valeur-cible pour la santé (120 µg/m3 en moyenne sur 8 heures) est respectée dans la mesure où elle n’enregistre pas plus de 25 dépassements journaliers, en moyenne sur trois ans. En 2016, cette limite a été franchie de 3 à 8 fois selon les stations. C’est deux fois moins qu’en 2015, en raison des conditions d’insolation et de basses températures au printemps. En revanche, l’objectif de qualité, qui ne tolère aucun dépassement, n’est toujours pas respecté, quel que soit le quartier. 

 

Benzène cancérogène

Cancérogène pour l’homme, le benzène est un hydrocarbure aromatique monocyclique (HAM) émis surtout par le trafic routier, en particulier des deux roues à essence, mais aussi dans une moindre mesure par le chauffage au bois domestique. Si la valeur-limite européenne (5 µg/m3) est respectée à Paris, l’objectif de qualité (2 µg/m3) est quant à lui dépassé. Ce qui concerne près de 50.000 habitants.

La municipalité a bien sûr profité de cette publication pour se réjouir, dans un communiqué, «de ces résultats, qui confirment sa stratégie de soutien aux circulations douces et de réduction de la place de la voiture individuelle polluante». Elle met aussi cette amélioration sur le compte de la piétonnisation des voies sur berges, qui a fait l’objet d’un bras de fer entre la municipalité et la région. Si le trafic a effectivement été réduit aux abords de la Seine, l’évolution des concentrations de polluants reste dépendante d’autres facteurs, comme le chauffage au bois et les chantiers.

 

 



[1] Particules dont le diamètre est inférieur à 10 µm

 



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