«La qualité de l’air intérieur est devenue un sujet de société»

Le 12 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Andrée Buchmann est présidente de l'OQAI.
Andrée Buchmann est présidente de l'OQAI.

Militante écologiste, Andrée Buchmann préside, depuis sa création il y a 10 ans, aux destinées de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI). Pour les lecteurs du JDLE, elle revient sur les succès obtenus par cette instance «atypique».

Depuis 10 ans, l’intérêt pour la qualité de l’air intérieur a-t-il évolué?
Absolument. Il y a 10 ans, au démarrage de l’Observatoire, la qualité de l’air intérieur n’était tout simplement pas une problématique. A l’exception de quelques-uns, personne ne s’y intéressait. On considérait que c’était une préoccupation de nantis. Aujourd’hui, on sait que ce sont les populations les plus défavorisées qui vivent dans les atmosphères les moins saines et qui en souffrent le plus. Au fil des ans et des communications de l’Observatoire, l’air intérieur est devenu un sujet de société, traité par toute la presse (même les magazines féminins!), et dont j’entends parler lorsque j’emprunte le tram de Strasbourg.
 
Comment expliquer un tel succès?
Le travail réalisé depuis 10 ans par l’équipe de l’Observatoire y est pour beaucoup. Nous formons un organisme atypique dans le paysage administratif français.
 
C’est-à-dire?
Nous sommes missionnés par le gouvernement et par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Les ministères en charge du logement, de la santé et de l’environnement font partie de notre conseil d’administration, de même que l’Ademe et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Enfin, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) est notre opérateur. Nos études sont exclusivement financées par de l’argent public, réalisées par des scientifiques travaillant dans toute la France. Ces deux titres font beaucoup pour la crédibilité de leurs résultats.
 
L’Observatoire entretient-il des relations avec les parties prenantes?
Effectivement. Nous avons noué d’étroites relations avec des chercheurs du monde entier. Notre conseil scientifique réunit des experts de toute la France et de l’étranger. Nous entretenons aussi un dialogue permanent avec les représentants de la société civile, notamment via notre comité consultatif qui réunit des associations professionnelles de la santé, du bâtiment et des associations environnementales.
Cela suscite d’ailleurs d’excellentes initiatives. Dernièrement, 4 associations ont demandé à la Communauté urbaine de Strasbourg des financements de projets portant sur l’amélioration de la qualité de l’air intérieur.
 
Comment communiquer efficacement sur un sujet aussi complexe?
Il y a eu une certaine inquiétude au début. Mais rapidement, nous avons compris que nous risquions de voir nos messages mal interprétés si nous nous contentions de les diffuser par de simples communiqués. Nous organisons donc, régulièrement, des ateliers au cours desquels nous présentons les résultats de nos études; avant de dialoguer avec les auditeurs. Ce système s’est révélé très efficace.
 
Quelles sont les grandes avancées de la qualité de l’air intérieur?
La plus importante, je crois, est que nous sommes parvenus, collectivement, à faire avancer la réglementation sans que ce soit imposé par l’éclatement d’un scandale. Par exemple, nous sommes à l’origine de l’évolution de la réglementation sur l’étiquetage des produits. Désormais, les étiquettes devront non seulement indiquer la composition des produits mais aussi leurs émissions. Nous avons montré, pour le renouvellement d’air, que s’il y a des systèmes mécaniques, ils ne sont pas toujours très efficaces, et souvent insuffisamment entretenus. Par ailleurs, le facteur humain est essentiel.
 
Cette dernière démarche n’entre-t-elle pas en conflit avec l’évolution des techniques du bâtiment?
C’est vrai que nous introduisons quelque chose de neuf dans la réflexion sur le bâtiment du futur. Nous apportons les éléments pour l’élaboration d’une règlementation qui tienne compte de la diversité des climats, de la géographie, de l’implantation des maisons sobres et saines. A chaque terrain, ses solutions. J’en suis d’autant plus convaincue que notre premier programme a consisté en une campagne Logements qui nous a permis de réunir les données correspondant aux 24 millions de résidences principales en France métropolitaine. Nous sommes probablement le seul pays du monde à avoir réalisé un tel point zéro. Ce qui nous donne une bonne idée des actions que nous devons encore réaliser.
 
Par exemple?

Après avoir travaillé sur les piscines (dont les exploitants savent maintenant qu’ils doivent réduire les concentrations de chlore) et les patinoires (risque d’intoxication au monoxyde de carbone), nous allons lancer une grande enquête sur les écoles et sur les bureaux. Deux types d’environnement pour lesquels nous avons peu de données.



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