La qualité de l’air européenne et française à la loupe

Le 20 décembre 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une particule fine.
Une particule fine.
DR

Le Commissariat général au développement durable publie les résultats, pour 2011, de la qualité de l’air dans les 27 pays d’Europe et les compare à ceux de la France. Les données employées dans cette synthèse sont issues d’Airbase, la base de données gérée par l’agence européenne pour l’environnement, qui agrège les mesures de qualité de l’air réalisées par les pays de l’Union européenne. En France, les seuils de protection de la santé humaine fixés par la réglementation européenne sont dépassés pour 5 des 8 familles de polluants réglementés[1], classant le pays au 15e rang du palmarès des Etats, avec un taux moyen de dépassement de 5% des seuils, tous polluants confondus. Les familles de polluants les plus récurrents en Europe sont les particules, le dioxyde d’azote et dans une moindre mesure l’ozone: 81% des Etats ne respectent pas la réglementation fixée pour les particules (PM10 et PM2,5) et le dioxyde d’azote et 59% pour l’ozone.

 

PM10

C’est le cas de la France, où 20% des points de mesure français ne respectent pas le seuil journalier en PM10 et 3% excèdent le seuil annuel[2]. Plus de 150 jours de dépassements du seuil journalier ont été enregistrés sur un ou plusieurs points de mesure. Des dépassements rencontrés dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, Ile-de-France, Martinique, Réunion, Haute-Normandie, Picardie, Champagne-Ardenne et Alsace. En cause: les grands axes routiers, les centres urbains à forte densité de trafic, le chauffage résidentiel et les émissions des industries. Pour la Réunion et la Martinique, les causes sont plus naturelles, avec des embruns marins pour la première et des remontées de poussières du Sahara pour la seconde. De mauvais résultats qu’on retrouve dans 22 pays sur 27 pour les seuils journaliers et dans 14 pour le seuil annuel.

 

PM2,5

A Paris, Marseille, Lyon, Reims et Douai, on dépasse le seuil règlementaire de 25 microgrammes par mètre cube (μg/m3) en moyenne annuelle. Des dépassements principalement mesurés à proximité du trafic routier. Dans 12 pays européens, les moyennes annuelles en PM2,5 ont été supérieures au seuil réglementaire en 2011, et des moyennes annuelles supérieures à 40 μg/m3 ont notamment été mesurées en Bulgarie, en Pologne et en République tchèque.

 

Ozone

La norme retenue est calculée sur l’ensemble des points de mesure, avec une concentration en ozone[3] de 120 μg/m3 en maximum journalier de la moyenne sur 8 h, qui ne doit pas être dépassée plus de 25 jours par an en moyenne sur trois ans. En France en 2011, 23% des points de mesure enregistrent plus de 25 jours de dépassement, principalement localisés dans le Sud-est, l’Est et la région Rhône-Alpes. «Ils sont dus majoritairement au transport local et national en provenance de régions voisines», détaille le CGDD.

Au niveau européen, le seuil n’est pas respecté dans 16 pays en 2011, principalement dans la région méditerranéenne ainsi qu’en Europe centrale et occidentale: plus de 100 jours de dépassement ont été enregistrés en Italie, Grèce, Espagne et Bulgarie, soit 4 fois le seuil réglementaire.

La tendance est plutôt à l’amélioration, cependant; en France, le pourcentage de points de mesure en dépassement passe de 57% à 23%. La République tchèque, l’Allemagne, la Belgique et la Pologne enregistrent des baisses plus importantes encore. Seule la Grèce enregistre une hausse significative. «Cette différence entre 2006 et 2011 s’explique essentiellement par des conditions météorologiques moins favorables à la formation d’ozone en 2011», tempère le CGDD.

 

Oxydes d’azote

Le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2)[4] augmentent sensiblement. En France, 12% des points de mesures présentent des concentrations annuelles supérieures à 40 μg/m3 et le seuil horaire en NO2 est dépassé sur 2% des points. Un grand nombre de régions sont concernées, à proximité des grands centres urbains et des axes routiers à forte densité de trafic. Des concentrations annuelles supérieures à 80 μg/m3 sont mesurées en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni. De même, le seuil horaire est dépassé plus de 36 h en France, soit plus du double de ce qui est autorisé.

 

Dioxyde de soufre, dioxyde de carbone, benzène: en amélioration

Les seuils sont respectés en France pour ces trois polluants, de même que pour la majorité des pays de l’UE27.

 

Les éléments traces métalliques

Il s’agit de l’arsenic, du cadmium, du nickel et du plomb, présents sous forme de particules et qui s’accumulent dans l’organisme et peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, et conduire à une accumulation dans la chaîne alimentaire. Cinq pays sont concernés par le dépassement d’un seul seuil; c’est le cas de la France avec le cadmium.

 

Le benzo(a)pyrène (BaP)

Le seuil de 1 nanogramme par mètre cube (ng/m3) en BaP[5] en moyenne annuelle est dépassé dans 12 pays, dont la France.

En 2011, le secteur résidentiel-tertiaire (chauffage au bois principalement) est le premier émetteur de BaP avec 67% des émissions françaises.

 



[1] Un seuil est considéré comme dépassé dès qu’un point de mesure sur le territoire ne respecte pas le seuil.

[2] Il existe deux seuils réglementaires: 50 μg/m3 en moyenne journalière, à ne pas dépasser plus de 35 jours par an; 40 μg/m3 en moyenne annuelle.

[3] Il s’agit d’un polluant secondaire dans la troposphère. C’est un gaz agressif qui pénètre profondément dans les voies respiratoires. Il peut causer des problèmes respiratoires et pulmonaires, déclencher de l’asthme et réduire la capacité pulmonaire. Ses effets sont très variables selon les individus.

[4] Le dioxyde d’azote pénètre dans les voies respiratoires profondes, où il fragilise la muqueuse pulmonaire et induit une vulnérabilité des enfants et des asthmatiques face aux agressions infectieuses.

[5] Il fait partie de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Il est cancérigène.

 

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus