La qualité de l’air en open data

Le 17 septembre 2018 par Marine Jobert
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Les données sur la qualité de l'air sont sur la table.
Les données sur la qualité de l'air sont sur la table.

Les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air (AASQA) modernisent l’accessibilité à leurs données. Des leviers pour une meilleure information et, in fine, plus d’actions.

Geeks ou citoyens, la qualité de l’air en France n’aura bientôt plus de secret pour vous! A partir du 19 septembre et à l’occasion de la journée nationale de l’air, les AASQA publient en open data les informations qu’elles captent et synthétisent depuis leur création. Observations des stations de mesures à différentes fréquences temporelles (horaires, journalières...), émissions de polluants aux différentes échelles du territoire (régions, départements, EPCI ...), populations et territoires exposés aux dépassements des valeurs limites réglementaires et cartes de concentrations associées, indices de qualité de l’air par agglomérations, alertes aux épisodes de pollutions.… Onze jeux de données, également déclinées dans le temps (de la mesure horaire jusqu’à la mesure annuelle, voire sur plusieurs années pour certaines AASQA), seront accessibles en flux (ouverts et interopérables) de type Web Feature Service (WFS) , dans l’esprit de la directive Inspire de 2007.
Données solides
Tout l’enjeu consistait à mettre sur pied, sans moyen financier dédié, un open data «homogène, inter-opérable, fiable et accessible», détaille Marine Tondelier, la déléguée générale d’Atmo France. Un travail que la fédération des AASQA estime «avec fierté» avoir accompli. Et ce pour plusieurs raisons. Homogènes, ces données respectent un format commun et peuvent permettre le partage d’informations sans aucune restriction. Moissonnables, elles sont fournies sous forme de flux conformes selon des règles de mise en œuvre communes européennes. Fiables, grâce au contrôle de l’Etat et d’audits réguliers par un laboratoire national, ces données sont actualisées de manière régulière. Enfin, la garantie de service est assurée, puisque les données sont toujours disponibles. «Notre angoisse était de sortir des données qui n’auraient pas été rattachées à un contexte, ce qui aurait entraîné de mauvaises interprétations», explique Marie-Blanche Personnaz, la directrice d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes.

Inciter à l’action
Qui pour utiliser ces informations? Le format retenu –la licence ODbL– est une garantie «d’un échange gratuit, ouvert, et valorisable avec d’autres jeux de données», détaille Isabelle Sagnier, l’une des cheffes de projet. Seules contraintes associées: que la paternité des données soit mentionnée et que l’utilisateur libère ses propres données, «dans l’esprit de l’open data». «Ce que l’on attend, c’est que des start-up, des développeurs, mais aussi des étudiants, des scientifiques, des collectivités et des citoyen les réutilisent», précise cette scientifique en spectro-chimie. «Nous avons bien conscience qu’un certain nombre d’actions sur les territoires sont nécessaires, parmi lesquelles la communication, qui est une forme d’action, renchérit Marie-Blanche Personnaz. Notre espoir, c’est que le maximum de gens de tous bords s’emparent de ces données pour faire connaître au maximum la qualité de l’air et inciter à l’action.» Une publication qui tombe à point nommé alors que s’élaborent partout en France les plans Climat-Air-Energie territoriaux (PCAET).

La justice pénale définitivement rétive aux scandales environnementaux? C’est la question que posent le Rassemblement pour la planète, Générations futures et Ecologie sans frontière, trois ans après avoir déposé une plainte pour mise en danger d’autrui en raison de la pollution de l’air, après un premier classement sans suite. Dans Le Monde, le président du tribunal de grande instance (TGI) de Paris incrimine les lourdeurs procédurales ou le nombre phénoménal de victimes. «La justice n’assume pas de manière effective sa mission de protection des Français», estiment les trois associations.


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