La protection du panda, rentable pour l’environnement

Le 02 juillet 2018 par Romain Loury
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Le panda, symbole de la biodiversité chinoise
Le panda, symbole de la biodiversité chinoise

Dépenser des centaines de millions d’euros pour la protection de quelques espèces emblématiques en vaut-il la peine? Oui, démontre une étude publiée dans la revue Current Biology. En Chine, la protection du panda rapporte, en services écosystémiques, jusqu’à 30 fois la mise de départ.

C’est un débat récurrent au sein des experts en biodiversité: faut-il dépenser de (maigres) ressources financières à sauvegarder les milieux ou à protéger quelques espèces charismatiques? La question peut notamment se poser pour le panda qui, s’il était moins mignon, ferait certainement l’objet de moins d’efforts de protection.

Or une étude menée par Fuwei Wen, zoologiste à l’Académie chinoise des sciences (Pékin), et ses collègues révèle que le jeu en vaut largement la chandelle: les chercheurs ont chiffré les services écosystémiques rendus par la protection du plantigrade, les comparant aux fonds investis (255 millions de dollars, soit 220 millions d’euros, en 2010).

67 réserves forestières

Bilan: la mise en place de 67 réserves forestières consacrées au panda à travers le pays engendre des services d’approvisionnement (bois, eau, alimentation, etc.) et de régulation (contrôle du débit de l’eau, protection contre l’érosion et les risques naturels, climat, biodiversité, etc.) estimés à 1,9 Md$ pour l’année 2010.

Pour les services écosystémiques de nature culturelle, dont le tourisme, les bénéfices sont estimés à 709 M$, mais à environ 5 Md$ pour leurs apports culturels totaux (art et folklore, valeurs spirituelles, etc.). Soit un total compris entre 2,6 et 6,9 Md$ (de 2,24 à 5,94 Md€), 10 à 27 fois plus élevé que la mise de départ.

En raison de ces bienfaits environnementaux, le panda est ainsi considéré comme une ‘espèce parapluie’, à savoir une espèce dont la protection bénéficie à d’autres espèces, et plus largement à l’environnement. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par les défenseurs de l’ours pyrénéen, selon qui sa réintroduction profite à l’ensemble de l’écosystème.



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