La protection des écosystèmes profonds s’arrête aux bonnes résolutions

Le 29 juillet 2016 par Stéphanie Senet
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Tout reste à faire...
Tout reste à faire...

Les résolutions onusiennes ne sont pas parvenues à protéger, dans les faits, les écosystèmes des ravages de la pêche profonde en haute mer, selon le bilan publié ce 29 juillet par la Deep Sea Conservation Coalition (DSCC).

 

Trois jours avant l’assemblée générale des Nations unies, qui doit évaluer la mise en œuvre des résolutions prises depuis 2004, la coalition de 70 ONG tire le signal d’alarme. Si des progrès ont été réalisés, notamment avec la mise en place des organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP), les recommandations onusiennes ne sont guère appliquées et des zones immenses restent menacées par les chaluts de fond.

 

Quatre résolutions fondatrices

 

Au chapitre des progrès, la coalition basée à Amsterdam cite avant tout l’adoption des quatre résolutions des Nations unies sur la pêche profonde: en 2004 (59/25), 2006 (61/105), 2009 (64/72) et 2011 (66/68). Quatre textes fondateurs qui obligent les Etats et les ORGP à évaluer les effets cumulés de la pêche profonde, à l’interdire dans les zones susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables (EMV) -à moins que la pêche puisse être gérée pour les préserver- et enfin à assurer des niveaux durables de captures ciblées et accessoires.

 

Des mesures différentes selon les régions de pêche

 

Autre avancée principale: des ORGP ont été créées pour gérer les pêcheries profondes de haute mer. La Commission des pêches de l’Atlantique Nord-est (CPANE), l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-ouest (Opano), et l’Organisation des pêches de l’Atlantique Sud-est (Opase) ont ainsi fermé quelques zones.

Pour le Pacifique Nord et le Pacifique Sud, la pêche profonde de haute mer a été restreinte à son empreinte historique dans ces régions sauf évaluation préalable de l’impact d’une nouvelle activité.

Dans l’océan Austral, le chalutage profond est strictement interdit par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique. Ce qui en fait un exemple dans le monde entier. En Méditerranée, le chalutage profond est en théorie interdit au-delà de 1.000 mètres de profondeur. Mais aucune mesure n’a été adoptée dans l’océan Indien.

 

Recherche évaluation sérieuse désespérément

 

En réalité, les lacunes s’avèrent beaucoup plus nombreuses, si bien que le bilan est plutôt sombre. Premier grief: les résolutions ne sont, au mieux, que partiellement appliquées. Aucune évaluation des effets cumulatifs n’a jamais été réalisée dans aucune région, contrairement aux recommandations du texte de 2011. Autre exemple: les évaluations d’une pêcherie prévues par la résolution de 2009 ne sont, lorsqu’elles existent, ni complètes ni pertinentes.

 

L’Atlantique Nord particulièrement menacé

 

Résultat: plusieurs zones abritant des EMV restent ouvertes au chalutage profond, sans évaluation préalable, en particulier dans l’Atlantique Nord-ouest et Nord-est.

Dans le Pacifique Sud et l’Atlantique Nord-ouest, les empreintes historiques de la pêche profonde s’avèrent excessives puisqu’elles impliquent dans certaines régions jusqu’à la moitié des fonds marins.

Pour de nombreuses espèces d’eau profonde, les quotas dépassent souvent le seuil de durabilité. De surcroît, l’état précis des stocks est souvent méconnu alors que certaines espèces, comme l’hoplostète orange, le grenadier de roche ou la lingue bleue sont menacées.

«Il reste encore beaucoup à faire, conclut Matthew Gianni l’auteur principal du rapport. Nous devons terminer le travail, il ne faut rien lâcher, d’autant que les eaux profondes sont peu étudiées alors même qu’elles constituent un réservoir mondial de biodiversité et qu’il est important de protéger les océans contre une destruction inutile.»

 



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