La prostate préfère la viande à point

Le 30 novembre 2011 par Romain Loury
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La viande très grillée favorise les formes agressives du cancer de la prostate, confirme une étude américaine publiée dans la revue PLoS ONE.
 
Premier cancer chez les hommes, deuxième le plus mortel après celui du poumon, le cancer de la prostate dépend en grande partie de prédispositions familiales, voire ethniques. Mais probablement aussi de causes environnementales: les hommes migrant vers des régions plus touchées par cette maladie voient leur risque augmenter.
 
Selon plusieurs études, l’un de ces éléments exogènes pourrait être la consommation trop élevée de viande dans les pays riches. Les résultats divergent toutefois selon les travaux, des variations probablement liées à la cuisson et à la sévérité du cancer, avancent Sanoj Punnen, urologue à l’University of California San Francisco (UCSF) et ses collègues.
 
Dans leur étude, les chercheurs ne se sont intéressés qu’aux formes les plus agressives du cancer de la prostate. Pour cela, ils ont interrogé 470 patients sur leur consommation hebdomadaire de viande dans l’année ayant précédé leur diagnostic, et les ont comparés à 512 hommes non malades.
 
Premier constat: les hommes consommant le plus de bœuf grillé ou cuit au barbecue avaient 61% plus de risques de cancer de la prostate; même chose avec le poulet grillé, avec un risque accru de 48%.
 
De même, ceux qui mangeaient beaucoup de bœuf bien cuit ou très cuit contractaient 2,16 fois plus souvent un cancer de la prostate. Un risque qui demeurait multiplié par 1,96 chez ceux qui en consommaient plus rarement. Fait intéressant, le fait de consommer de la viande bleue ou à point n’était pas lié à un risque significatif de cancer, quelle qu’en soit la quantité.
 
«La cuisson est plus importante que la quantité de viande consommée», avancent les chercheurs. Une cuisson qui entraîne la formation de molécules cancérigènes, les amines hétérocycliques (AHC) et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), produits de dégradation des graisses qui se fixent à la surface de la viande.
 
Ces molécules peuvent alors se fixer à l’ADN sous forme d’adduits, y provoquant des mutations du génome, qui entraînent le cancer. Or la consommation de viande grillée a déjà été liée à une plus grande présence d’adduits dans les cellules de patients atteints d’un cancer de la prostate.
 
Deux molécules cancérigènes engendrées par la cuisson ressortent particulièrement de cette étude: le MelQx et le DiMelQx
 
[1]. «D’autres pourraient être impliquées: il faudra mieux étudier leur rôle potentiel dans la cancérogénèse de la prostate, et voir si ces molécules peuvent être ciblées dans un but préventif», concluent les auteurs.
 
[1] Le MelQx et le DiMelQx sont tous deux des HCA. Quant au PhIP et au benzopyrène, des PAH, les chercheurs ne sont pas parvenus à mettre en évidence un lien avec le cancer de la prostate.
 


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