La production européenne de la pêche chute de 17%

Le 13 janvier 2005 par Christine Sévillano
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poissons
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Les quotas ont eu un effet de réduction de la production des produits de la pêche comme le démontrent les chiffres publiés par Eurostat pour les 25 pays de l'UE. –17% alors que dans le même temps la production mondiale a progressé de 17%. Le Comité national des pêches ne peut que déplorer cette situation.

La politique des quotas de la Commission européenne a payé: la production de pêche a chuté de 17% entre 1995 et 2002 dans l'Union européenne (UE), en comptant l'ensemble de ses 25 membres. Alors que dans le même temps, la production mondiale a augmenté de 17%. Selon les chiffres dévoilés par Eurostat mardi, elle a produit en 2002 près de 7,6 millions de tonnes de produits de la pêche, comprenant les captures et l'aquaculture. L'UE a donc participé pour 5% de la pêche mondiale. "On se pose des questions sur notre avenir, surtout au regard de ses chiffres. Les quotas sont à la base de cette réduction. Quand on interdit la pêche de cabillaud ou comme en 1977 celle des harengs, on met fin à une filière et à des compétences. Aujourd'hui, nous ne savons plus que faire des harengs qu'on ne pêche presque plus ", affirme Jean-Charles Fournier, chargé de mission au Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).

Parmi les Etats membres, le Danemark a été le plus grand producteur en 2002 avec 1,47 million de tonnes, suivi de l'Espagne avec 1,15 million, de la France avec 0,95 million et du Royaume-Uni avec 0,87 million. Ces quatre pays ont réalisé à eux seuls 60% du total des pêches, mais ils ont connu aussi les plus fortes diminutions. Le Danemark a perdu 200.000 tonnes, soit 28% de sa production entre 1995 et 2002, l'Espagne a reculé de 260.000 tonnes représentant 18%, la Pologne a baissé ses captures de 200.000 tonnes et l'Italie de 160.000 tonnes. Tous ont vu leur production baisser sauf la Lituanie avec une hausse de 157%. Les voisins de l'UE ont pour leur part augmenté leur production, la Norvège à hauteur de 17% et l'Islande de 32%. "En fait, la pêche française devient une pêche d'appoint. Sur les 300.000 tonnes de poissons transformés à Boulogne, seulement 60.000 proviennent des côtes boulonnaises. Les transformateurs s'approvisionnent de plus en plus en Norvège, au Royaume-Uni, en Asie ou aux Etats-Unis. Nous pouvons seulement jouer sur la fraîcheur de nos produits", poursuit Jean-Charles Fournier.

Le total des captures s'est élevé à 83%. Et l'élevage a représenté 17% de la production, soit 1,27 million de tonnes de produits de la pêche en 2002. Une part grandissante puisque l'aquaculture est passé d'un huitième de la production en 1995 à un sixième en 2002. L'Espagne est en tête de ce mode de production avec 260.000 tonnes de poissons élevés, la France suit avec 250.000 tonnes puis l'Italie et le Royaume-Uni chacun fournissant 180.000 tonnes par an.

La flotte de pêche de l'UE a également diminué en particulier en Grèce avec 19.000 navires de moins et en Italie avec un recul de 15.700 bateaux. Eurostat note toutefois une hausse du nombre de navires en France, ce dont doutent les professionnels: "Cette hausse ne peut s'expliquer que d'une seule façon. Nous pensons que cette année la France a donné les chiffres des départements d'outre-mer ce qu'elle ne faisait pas auparavant", affirme le chargé de mission du CNPMEM.




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