La pression s’accroît encore sur BP

Le 21 juin 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La riposte a été sauvage. Dimanche 20 juin, alors que Tony Hayward, le directeur général du pétrogazier britannique, faisait du yachting autour de l’île de Wight, un député américain publiait une note inquiétante. Selon le document mis en ligne par Ed Markey, le président de la sous-commission de l'Energie et de l'environnement à la Chambre des représentants, la fuite de brut pourrait atteindre 100.000 barils par jour, soit 15,9 millions de litres de pétrole par jour. Authentifiée par BP, la note interne semble avoir été confiée au Congressman par l’un des dirigeants de BP, lors d’une récente audition parlementaire. Interrogé par NBC, Ed Markey (par ailleurs auteur d’un projet de loi sur la limitation des émissions de GES) en a tiré une conclusion hâtive. « Au début, ils ont dit 1.000 barils, puis cela a été 5.000 barils, maintenant, c’est 100.000. Depuis, le début, BP nous ment pour diminuer ses responsabilités »


Dans son propos, le député démocrate du Massachussets va un peu vite en besogne. La note ne fournit, en effet, aucune nouvelle estimation « cachée ». En deux pages, BP rappelle simplement que si tous les dispositifs mis en place pour limiter la fuite et récupérer une partie du pétrole (dôme de confinement, arbre de Noël) étaient enlevés, le flux de pétrole déversé chaque jour dans l’océan pourrait atteindre les 100.000 barils. Nuance. 100.000 barils, c’est d’ailleurs ce que le pétrogazier annonce avoir évacué, les 17 et 18 juin, sur le pétrolier Overseas Cascade.


Economiquement, l’affaire commence à peser très lourdement. Lundi, BP a annoncé avoir déjà consacré 2 milliards de dollars (1,6 milliard d'euros) au nettoyage des plages et des marais pollués et à l’indemnisation des personnes et entreprises lésées par la marée noire. Une somme qui ne devrait cesser de s’alourdir. Le groupe a confirmé que 64.000 plaintes avaient été déposées à son encontre par des justiciables américains. Parallèlement, BP commence à mettre en place le fonds d’indemnisation demandé, la semaine passée, par la Maison blanche. Géré par l’avocat d’affaires Kenneth Feinberg, il devrait être doté, à terme, de 20 milliards $ (16 milliards €). Une manne dont BP ne dispose pas pour le moment. Raison pour laquelle l’entreprise entend prochainement lever 50 milliards $ (40,33 milliards €), a annoncé, dimanche, The Sunday Times. Selon l’hebdomadaire britannique, 10 milliards $ (8,06 milliards €) seraient levés par un emprunt obligataire, 20 milliards empruntés auprès de banques et 20 milliards seront apportés par des ventes d'actifs au cours des deux prochaines années. Un rythme, a rappelé The Financial Times, qui est deux fois plus rapide que prévu par BP.



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