La pression monte contre Obama

Le 20 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Il ne fait décidément pas bon de s’occuper des questions environnementales lorsqu’on habite la Maison blanche. Et Barack Obama en fait l’amère expérience. Côté conservateur, il n’est pas un meeting sans que l’on entende les représentants du parti républicain ou du Tea Party réclamer la suppression de l’agence fédérale de l’environnement (EPA, selon l’acronyme anglais), la fin des crédits aux énergies renouvelables ou au secrétariat de la convention de l’ONU sur les changements climatiques, etc.
 
Démagogique à souhait, cette campagne, d’une grande virulence, commence à marquer des points. Dernièrement, le président américain a mis sous le boisseau les futures réglementations visant à limiter les émissions industrielles de gaz à effet de serre et de substances à l’origine de la formation d’ozone troposphérique.
 
Lorsqu’il n’était qu’un simple candidat à la présidentielle, Barack Obama promettait de lutter efficacement contre les changements climatiques. Or, faute de soutien présidentiel, la proposition de loi sur l’énergie et le climat a été torpillée par les républicains et certains démocrates, avant d’être finalement abandonnée. Avec la reprise de l’économie, les émissions américaines de CO2 ont bondi de 3,9% entre 2009 et 2010: du jamais vu depuis 22 ans [JDLE].
 
Adulé par les écolos américains avant son élection, Obama est désormais dans leur ligne de mire. Ils lui reprochent, par exemple, d’avoir été rarement à la manœuvre durant la marée noire qui dévasta le nord du golfe du Mexique. Le locataire de la Maison blanche a surpris en levant, plus vite que prévu, le moratoire sur les forages pétroliers offshore.
 
Désormais, une nouvelle bataille oppose environnementalistes et partisans de l’économie réelle: Keystone XL.
 
Porté par Transcanada, ce projet vise à construire un réseau d’oléoducs, capables de véhiculer 1,3 million de barils de brut par jour, extrait des sables bitumineux de l’Atabasca (Canada) jusqu’aux raffineries texanes de Houston. Au total, un tube, long de 6.058 kilomètres, dont 2.597 km restent à construire.
 
De mois en mois, la contestation monte contre ce projet, accusé de perpétuer le côté «fossile» de l’économie américaine. Au début du mois, une manifestation monstre, mais pacifique, a déferlé jusqu’aux pelouses bordant la résidence présidentielle. La police et les secret services ont arrêté pas moins de 1.200 personnes, dont l’actrice Darryl Hannah et le bouillonnant climatologue James Hansen.
 
Lundi 19 septembre, c’est par voie de presse que les opposants ont frappé. The Washington Post a publié, sur une pleine page de publicité, une lettre signée par 9 prix Nobel. Dans leur texte, les Nobel rappelle au président l’une de ses promesses: que durant son mandat la montée du niveau des mers commencerait à ralentir et que la terre irait mieux. «C’est le moment décisif de tenir votre engagement», estiment les prestigieux signataires.
Sous-entendu: en n’autorisant pas la poursuite de la réalisation du long serpent de brut.
 
Un serpent qui fait d’ailleurs jaser au sein de l’administration. Par deux fois, l’EPA a critiqué la faiblesse des études d’impact publiées par le secrétariat d’Etat (le ministère des affaires étrangères, ndlr), en charge du dossier puisque l’oléoduc traverse la frontière avec le Canada.
 
La décision de la Maison blanche de poursuivre la construction du long ruban noir est attendue pour la fin de l’année. Elle pourrait peser lourd dans la campagne électorale de 2012.


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